Grotte de Saint Marcel – Ardèche 2024

Grotte de Saint-Marcel (Ardèche)

Autrefois dénommée la Grotte du Grand Louret, fouillée par Léopold Chiron originaire de Saint-Marcel et l’un des pionniers de la Préhistoire en Ardèche et en France, elle a connu des phases d’occupation des hommes de la préhistoire entre 90000 ans et 1000 ans avant notre ère.
La cavité de la Tête du Lion (fermée au public) cache une peinture rupestre de toute beauté, vieille de près de 20 000 ans et découverte en 1963. Un bovidé dessiné à l’ocre rouge surmonté de ponctuations et de deux têtes de cervidés.
Cette peinture fut la première à être datée grâce à la présence de charbons de bois provenant des torches utilisées par l’artiste.

Une renommée mondiale
L’histoire de la Grotte Saint-Marcel est très ancienne…
Les premières traces d’une présence humaine sous le porche de l’Entrée naturelle datent de la période moustérienne. L’Homme de Néandertal y a dépecé le gibier et fabriqué ses outils, entre 90000 et 40000 ans avant JC. Les ossements, outils et déchets de taille recueillis révèlent la présence d’herbivores amenés ici pour y être dépecés. Après la période moustérienne, la Grotte Saint-Marcel n’est plus visitée par l’homme. En tout cas, les fouilles de René Gilles menées en 1971 n’ont révélé aucune trace d’occupation pendant tout le paléolithique supérieur. Mais des fouilles plus récentes ont mis en avant plusieurs phases d’occupation du néolithique ancien (ou cardial) jusqu’à l’âge du Bronze. Les paysans de l’époque ont installé à l’intérieur de la grotte une bergerie ; ils ont aussi élevé un menhir et un dolmen proche de la grotte. Il semblerait que la grotte ait servi également d’entrepôt de céréales comme le suggère la découverte de grains d’orge et de blé trouvés dans les couches de la période du néolithique supérieur.
Après l’âge du Bronze, les hommes ne semblent plus occuper la grotte. L’entrée est vraisemblablement obstruée.

Rapprochons-nous de notre ère et plongeons dans ce mois d’octobre 1836 où un chasseur d’Aiguèze, à la recherche d’un lapin blessé, suit ses traces et s’aventure dans la cavité. Ce n’est qu’en juillet 1838 que le chasseur revient sur les lieux avec des amis pour explorer le trou, muni de torches, cette fois. De retour à Aiguèze, ils décrivent l’immensité de la cavité et la richesse des concrétions. La grotte est alors désignée sous des vocables variés de 1838 à 1870 : Grottes du Bois Cayrelenc, Grottes de Saint-Martin d’Ardèche, Grottes du Grand Louret puis Grottes des Pendants de l’Ardèche.
Pour mettre fin aux pillages et protéger la grotte, le Marquis de Bernis, maire de l’époque, décide par un arrêté d’octobre 1838 d’organiser deux visites par semaine. Ces visites ont lieu sous la conduite d’un guide agréé par la mairie sous conditions strictes : aucun sac, ni torches ni feux de Bengale autorisés, 6 personnes maximum par visite, bateliers et voituriers qui amènent les curieux ne peuvent entrer.

La grotte est officiellement ouverte à la visite touristique à partir du 27 mai 1989. Les 19 500 visiteurs accueillis cette année là ont pu alors découvrir la nouvelle partie aménagée de la mi-mars à la mi-novembre. La promotion et la gestion directe des grottes de Saint-Marcel deviennent une activité importante de la collectivité, avec des investissements réguliers. Les municipalités qui se succèdent ont à la fois le souci de la moderniser sans cesse, pour promouvoir le côté touristique, mais celui aussi de protéger ce site exceptionnel au milieu de la Réserve Naturelle des Gorges de l’Ardèche. Depuis 2012, les grottes ont ôté leur « S » et se dénomment « Grotte Saint-Marcel».
Aujourd’hui elle reçoit plus de 60 000 visiteurs d’avril à novembre et plus de 62 km de galeries, fossiles et noyées, ont été topographiées.

Réalisation : Claude Courtoy

© CC prod be

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