Castelbouc, suspendu entre pierre et silence
Castelbouc, suspendu entre pierre et silence
Il existe, au creux des Gorges du Tarn, un village si petit qu’on pourrait le croire oublié par le temps. Castelbouc, du nom d’un seigneur légendaire et d’un château désormais en ruines, s’accroche aux falaises comme une pensée ancienne qu’on murmure encore dans les brumes du matin.
Ici, pas de voitures, pas de bruit. On laisse le moteur en bas, près de la rivière, et on grimpe à pied, comme on entre dans un souvenir. Les ruelles sont de pierre, les toits sont bas, et les portes fermées sur des vies qui ne sont peut-être plus là. Le silence n’est pas vide, il est habité. Il parle de gestes simples, de veillées oubliées, de femmes qui attendaient un retour ou un feu dans la nuit.
Au sommet, le château veille, ou plutôt ses ruines. Elles semblent flotter au-dessus des maisons, accrochées au ciel, témoins muets d’un passé dont il ne reste que la forme. Le vent y passe comme une prière. Les arbres y poussent en liberté.
Depuis le bord du Tarn, le village se reflète dans l’eau claire, fragile et beau, comme un mirage de pierre. Castelbouc ne se visite pas, il s’approche avec lenteur. Il ne se montre pas, il se laisse entrevoir. Et quand on repart, on n’emporte rien. Rien que cette impression étrange d’avoir frôlé un lieu qui dort avec les siècles.
2 Comments
Très joli !!!
Magnifique !!!! 😍