Montée des eaux au Cap Ferret s’élever plutôt que de reculer par Manon Drouillard

Donc Manon Drouillard. Alors d’abord Manon, 
en fait avant de démarrer notre interview, est-ce que tu peux te présenter en en quelques 
secondes ? Oui. Alors, je suis une jeune architecte diplômée de l’école d’architecture de 
Bordeaux et j’ai 23 ans et j’ai réalisé mon projet de fin d’étude sur le village emblématique 
de l’herbe au Cap Ferret. Alors justement ce projet d’étude que tu as réalisé sur le village 
de l’herbe au Cap Ferret, est-ce que tu as des racines ou des attaches particulières par rapport 
à la presqu’île qui t’a donné l’envie de faire ce projet sur ce site ? Alors oui, du côté de mon 
père, il est né à Piraillan et c’est toujours un coin toute la presqu’île du CF, c’est toujours un 
coin qu’on a qu’on a été visité en famille où on passe du temps entre amis.Manon, on est en pleine 
actualité aujourd’hui avec le PPRL qui est sorti, les risques de submersion en fait qui touchaient 
aussi le village de l’herbe dans les études puisque on parle en fait on parle de l’avancée 
de l’eau du bassin de 60 m, ce qui est ce qui est assez controversé mais en tous les cas le 
constat est qu’aujourd’hui effectivement le le risque de submersion est à prendre en compte. 
Et alors toi justement en fait voilà qu’est-ce qui t’a amené ? Qu’est-ce qui t’a fait réfléchir 
à ce sujet et à partir de quelle expérience tu as proposé ce projet ? Alors c’est partie du fait 
qu’en début de master en école d’architecture, on réalise un mémoire de recherche sur 1 an 
et demi et c’est à nous de choisir le sujet. C’est vrai que j’ai toujours côtoyé le littoral 
de depuis ma jeunesse et c’est des questions qui m’ont toujours trotté dans la tête et je me 
suis dit pourquoi pas tenter le coup sur un un mémoire de recherche. Et donc j’ai commencé 
par contacter des personnes des différents acteurs du littoral en fait qui connaissaient 
le sujet qui permettaient de me donner de la connaissance des données, des chiffres 
et j’ai traité donc Lacanau et Biscarosse en premier avec le recul du trait de côte et 
surtout le repli stratégique, c’est-à-dire comment on fait avec les bâtiments, les habitants qui sont 
attachés à leur leur maison, leur appartement, vue mer souvent. Et c’était de se dire “Mais 
comment on fait ?” Et moi-même personnellement, c’est une question que je me pose par rapport 
à à ma famille. on a des des endroits où on est attaché aussi et comment on fait ? Et 
donc pendant un an et demi, j’ai cherché j’ai cherché j’ai soutenu ce mémoire et par la 
suite je me suis dit pourquoi pas prendre par exemple un lieu emblématique assez complexe 
qui serait touché donc par cette montée des eaux et en faire une solution proposée une 
solution parce qu’il y a des milliards de solutions qui existent et de ce que j’ai retenu 
de ce mémoire c’était que justement on manquait de solution on faisait beaucoup de théories 
beaucoup d’études mais on passait jamais à l’acte et c’était voilà Je voulais faire parler ce 
sujet, je voulais que ça questionne tout le monde, que on prenne conscience et aussi grâce à plein 
de voyages que j’ai fait à l’étranger, j’ai mixé le tout et et se dire qu’il y a des possibilités 
ailleurs et qu’on peut les faire chez nous aussi, vu qu’on a un très beau patrimoine et qu’il faut 
le le conserver un maximum. Parce que c’est vrai que jusqu’à présent aujourd’hui sur la presqu’île 
, même surtout le surtout le fond du bassin également, on on réfléchit plus par rapport 
à des à des solutions basées sur des pérés, de l’enrochement. Et toi en fait, quelle est ta 
proposition architecturale du coup ? Alors au vu des recherches que j’ai que j’ai eu pendant 
mon mémoire et des données que l’on m’a donné, l’idée c’est que tout ce qui est enrochement, 
ré-ensablement, ça coûte très cher et surtout dans le temps, c’est pas forcément durable. on 
dérègle un petit peu le l’écosystème. ça existe, ça marche pour l’instant, mais pourquoi pas 
réfléchir autre chose. Alors du coup, j’ai regardé à l’étranger ce qu’on faisait aussi pendant mes 
voyages, ce que j’ai été regardé exprès en Asie, voyager exprès pour ça et j’ai trouvé une solution 
qui existe notamment aux États-Unis, en Australie où les les gens qui souhaitent garder leur maison 
à tout prix parce qu’ils sont très attachés, ils entamment un système de poutre en acier et 
de vérin hydraulique sous les fondations de la maison. Et en fait progressivement, on surélève la 
maison, on la conserve, on ne n’intervient pas à l’intérieur et ce qui fait qu’on la rénove par 
l’extérieur où on a besoin et on peut faire ce que l’on souhaite sous la maison. Il y en a qui  
qui font un un rez-de-chaussée ou un garage pour éviter en fait de s’étaler sur leur jardin, ce qui 
est pratique pour conserver la surface qu’ils ont. peut on peut potentiellement remonter en fait une 
cabane ou une maison en fait voilà au au gré de de l’évolution de la hausse de du niveau de la mer. 
Exactement. Et donc l’idée que je propose c’est que donc les premiers exemples ce sont de refaire 
un étage sous la maison mais c’était de l’adapter ici en mettant des pilotis puisque grâce à 
monsieur Ducasse, j’ai eu des archives du village et en fait à l’époque on s’est ‘aperçu 
qu’il avait déjà des  maisons sur Pilotis Lles cabanes étaient sur Pilotis et voilà c’était 
le fait de de mettre un petit clin d’œil à ces archives à ces à ces tracés anciens et 
de les remettre au goût du jour et aussi s’adapter à ce changement climatique. C’est 
la généralisation du concept de la cabane chanqué mais mais sur tout le village en fait. 
C’est ça. Mais surtout penser selon les futurs niveaux de l’eau et en fait anticiper. On n’a 
pas anticipé à chaque fois auparavant mais là c’est le fait d’anticiper et en fait c’est 
que pour que tout le monde puisse rester vivre ici et penser à l’ostriéculture qui est quand 
même une très forte économie sur le bassin d’activité. Tout à fait et et donc c’est 
ce qui fait qu’ils ont besoin de rester là. Et non seulement le village, celui-ci par exemple, 
c’est le plus emblématique, le plus complexe, le plus dense, mais il est aussi le plus le 
plus bloqué par la dune en fait à l’arrière. C’est-à-dire qu’on peut pas forcément faire autre 
chose que dans les autres villages. Beaucoup Tout à fait. Il peut pas reculer le village là. Mais 
du coup Manon, en fait, bon tout ça c’est ça a l’air joli, mais ça doit avoir un coup. Est-ce 
que tu as  une estimation, une idée en fait du coup que ça représenterait de faire ce type de 
travaux de surélévation ? Exactement. Alors, c’est la première question que je me suis 
posée avant de me lancer dedans. en fait, quand on réfléchit à l’agencement du village, quand on 
réfléchit au coup qu’on a des donc des engins de pour les travaux de manutention et de détruire une 
cabane et de la refaire avec toutes les cabanes qu’il y a autour, on peut pas on peut pas les 
surélever ou les refaire avec un étage toutes, c’est impossible. Et donc ça vaut un coup 
reconstruire et déconstruire ensemble, c’est ça dépasse totalement le budget au vu du nombre 
de cabanes. Par contre, de garder l’existant, de venir avec 5-6 poutres et une dizaine 
de vérins ou un peu moins, ça se calcule, on peut facilement surélever une maison sans faire 
de dégâts ailleurs et sans avoir besoin de d’engin de manutention. Et ça c’est ce genre d’exemple là 
que tu as pu voir constaté aux États-Unis en fait. Et donc il y a plein de blogs qu’on peut trouver 
sur internet où des familles disent “Je veux garder ma maison. Les fondations sont à refaire 
totalement. On veut la garder pour nos enfants.” Alors ils ont surélevé la maison, ils ont refait 
le dessous de la maison, les fondations et il me semble qu’ils l’ont agrandi. Donc ils ont continué 
à faire un rez-dechaussée en bas et et ce qui fait qu’ils ont refait leur maison en fait, ils l’ont 
rénové et ils l’ont gardé telle qu’elle était. Et ce qui fait que le le justement le 
coût de cette solution là est beaucoup moindre que de reconstruire et déconstruire. 
C”‘est à peu près entre 1000 et  1700 au m2 Ça dépend en fait voilà en dollar et cetera 
quand on quand on pourrait recalculer ça chez nous mais c’est voir le double ou le triple quand 
on déconstruit on reconstruit au vu de justement le patrimoine de l’agencement du village 
qui est à prendre en compte très fortement. Alors, quelles sont toi maintenant ? 
Quelles sont les prochaines étapes en fait ? Bien, j’ai eu la chance grâce aux personnes que 
j’ai rencontré, donc monsieur Ducasse et aussi monsieur Mazodier, de présenter mon projet à 
l’assemblée générale de la protection et de l’aménagement de la Presqu’île. Et j’ai eu 
l’occasion de rencontrer enfin, j’ai eu la chance de rencontrer monsieur le maire et madame 
la députée et donc j’ai pris contact et pour en rediscuter parce qu’ils étaient très intéressés 
aussi. donc j’aimerais aussi que ce projet-là fasse parler en fait, que ça fasse réfléchir pour 
le littoral, que ça peut marcher peut-être ici ou pas, mais que cette solution peut être employée 
ailleurs. Mais c’était de partir du plus complexe, du plus dur, du plus emblématique où c’est très 
très difficile de discuter ou de prévoir l’avenir et d’y aller de poser des questions en fait, 
que ça fasse réfléchir et de se dire qu’il y a plus facile ailleurs, plus simple, beaucoup 
plus petit, moins dense et que on peut y aller parce qu’on a du beau patrimoine et qu’on a les 
solutions aujourd’hui pour ce qui serait génial, c’est de pouvoir faire une preuve de concept 
sur sur une cabane quoi. Mais pourquoi pas tu arrives à vendre ça quoi. Pourquoi pas ? Parce 
que tout est possible. On regarde dans le monde, on peut on peut déplacer des monuments, des 
bâtiment sur vérin. Oui oui. Ici c’est super facile à côté euhsur le sable effectivement c’est 
plus facile. Merci beaucoup. Donc Patrick Ducasse qui est un un résident de longue date du 
village de l’herbe et qui est membre du comité de village et et de l’association des 
propriétaires du village de l’herbe. Donc toi Patrick en fait quelle a été ta première 
réaction quand tu as vu ce projet ? Alors, j’ai trouvé ça un peu monumental parce que 
elle m’a présenté ça. Donc, c’est ses carnets, c’est ses dessins et cetera. Moi, je suis pas trop 
habitué. Alors, j’ai trouvé ça un peu grandiose, mais j’ai vite capté et j’ai trouvé que ce 
projet en fait avait une raison d’exister, ne serait-ce que pour dire que face justement au 
problème de montée des eaux à prévoir et cetera. on pouvait trouver des solutions et ne pas rester 
inactif et elle a présenté des solutions qu’elle a vu dans d’autres pays notamment en Asie du 
Sud-Est ou ou en Floride ou des trucs comme ça. Et on s’aperçoit que plutôt que de geler des zones 
qu’on prévoyait inconstructible, mais on peut s’apercevoir, on peut voir dans son projet qu’il 
y a quand même quelque chose à faire plutôt que de rester à ne rien faire. Alors, c’est certainement 
pas applicable partout dans des questions de lois, de difficultés techniques, mais mais sur 
certaines zones plutôt que de ne rien faire, on peut les garder en activité. par exemple ici 
même si c’est pas forcément possible sur toutes les maisons parce qu’il y en a qui sont trop 
vieilles ou elles sont très serrés mais par exemple des zones de travail ostréicole plutôt que 
de les détruire ben les par exemple les ateliers ostréicoles on peut très bien les surélever 
et ça permet de garder une zone de travail par exemple C’est une vraie alternative 
par exemple parce que quand on voit les études du PPRL où il y a potentiellement 
il disent un recul de 60 m envisagé, ou là ça présente voilà justement plutôt que de 
reculer tout de 60 m il y a des, par exemple , des zone de travail plutôt que de détruire les 
maisons et de les reporter on peut les surélever. Ça ça changera pas forcément grand-chose à au 
mode de travail. Ouais. Voilà déjà ça c’est déjà un point. Après au niveau des maisons 
d’habitation, ben après c’est suivant les moyens qu’on qu’on peut y mettre et les moyens 
techniques et les moyens du lieu de en fait les moyens géographiques. Mais certainement en en 
France, il doit y avoir plein d’endroits où on pourra on pourrait faire quelque chose dans 
le dans le sens où est est allé Manon. Merci beaucoup Patrick. Merci et bravo à Manon. 
Bravo. Bravo pour ce projet franchement. Je crois que tu as fait l’unanimité en tous les 
cas et tu as suscité le débat. C’est ça qui est chouette quoi. C’est susciter le débat et puis 
c’était un peu voilà un contrepied avec avec des fois des nouvelles assez négatives que 
l’on peut recevoir sur des risques et cetera mais là il y a potentiellement des solutions 
alternatives plus douces en plus et qui permettrai effectivement de faire perdurer l’activité sur 
nos villages. Merci à vous deux. Merci Patrick.

Alors que le littoral fait face aux défis du changement climatique, le projet de Manon Drouillard pour le village de l’Herbe au Cap Ferret apporte une vague d’optimisme. Sa proposition, à la fois innovante et respectueuse du patrimoine, consiste à surélever les cabanes d’habitation et les plate-forme ostréicole pour les préserver, offrant une alternative concrète et inspirante à la fatalité du recul !
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00:00 Manon Drouillard se présente
00:39 L’origine du Projet
02:57 Les solutions techniques
04:22 La Proposition de surélevation
07:48 Prochaines étapes
09:10 L’avis de Patrick Ducasse, résident
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