L’hydrogène bas carbone pour décarboner nos voitures – H2 et Territoires

Cela fait 10 ans que je crois au potentiel de l’hydrogène pour réduire notre impact carbone. Notre navire laboratoire Energy Observer, navigue depuis 6 ans autour du monde alimenté en partie grâce à l’hydrogène vert que nous produisons à bord. En France, ce gaz polarise le débat sur notre futur énergétique

Et pose encore des questions. Malgré cela, une filière importante est en train d’émerger sur notre territoire, une filière qui il y a quelques années n’existait presque pas. Avec mon équipe,j’ai voulu aller aux 4 coins du pays pour mieux comprendre le potentiel de l’hydrogène bas carbone

Et rencontrer ses pionniers, ceux pour qui l’hydrogène est déjà une réalité ! La voiture est notre premier poste d’émissions en France et c’est donc là que l’on a regardé en premier le rôle que l’hydrogène pouvait jouer. A la pointe de l’innovation sur la voiture à hydrogène

Se trouvent les équipes de Green GT et Automobile Club de l’Ouest. Depuis 10 ans, ils mènent des recherches pour mettre au point une voiture capable de rivaliser avec les performances des moteurs thermiques. Et c’est aux 24h du Mans.. L’une des courses automobiles les plus célèbres au monde

que je vais pouvoir l’essayer. Bonjour Victorien! Bonjour Stéphane! C’est moi qui vais t’emmener faire un tour. Super ! On m’a dit que tu étais un très bon pilote donc je suis rassuré. Là le record la pointe de vitesse c’est ? 290… 292 !

Déjà vous avez deux voitures, celle là c’est la NPH2G, c’est une conception qu’on a commencé début 2018, mis en piste en 2019. Donc c’est une technologie qui a 3- 4 ans à peu près. et la H24 ont l’a mis en piste l’année dernière. On va commencer par l’ancienne voiture

Puis après on fera un comparatif avec les nouvelles voitures, pour voir un peu l’évolution de la technologie sur 2 ou 3 ans. Sur cette voiture là donc la pile à combustible, fournisseur principal d’énergie, est ici la pile à combustible est située entre là et l’autre côté, et va jusqu’en bas

Donc elle est contenue dans ce casing en carbone. D’accord, et là tu as combien de puissance ? On a 240 KW ! On a du dihydrogène, de l’oxygène, on crée de l’électricité par ici, et on rejette de l’eau. C’est vraiment la particularité de cette voiture.

Là, vous pouvez voir qu’on a les 4 moteurs électriques, sur la nouvelle, pour plus de puissance, on a que deux moteurs électriques. Par contre, la grosse particularité c’est la batterie. Donc vous pouvez voir, on avait une batterie qui était située derrière le pilote,

Là on a utilisé toute la place passager pour faire une batterie plus conséquente. On voit l’évolution du poids en ayant la voiture qu’on avait faite en 2012, elle était à 1800 kilos, on est à 1540 kilos et maintenant on est à 1400 kilos,

On voit le progrès de la technologie au fur à mesure des années et on a augmenté la puissance au fur et à mesure. C’est grâce à la compétition qu’on arrive pas à faire des économies d’énergie, qu’on arrive à avoir des technologies matures avec l’aspect sécuritaire qui est important.

Donc la compétition sert à quelque chose. C’est le futur qu’il faut essayer de développer maintenant. J’ai la grande surprise ce matin de voir que ça pourrait aller beaucoup plus vite qu’on ne le pense. On est pas en mode qualifs’ à prendre des risques mais je vais quand

Même rouler très fort pour qu’il se rende compte que l’hydrogène c’est une vraie voiture de course. En termes d’expériences c’est l’inconnu pour moi car j’ai pas de références en fait. Je n’ai jamais fait de la piste sur une voiture thermique.. C’est une double découverte.

C’est une découverte de la piste et de la voiture de course hydrogène. Merci Stéphane, il nous a fait faire un tour en 4 minutes 30 donc c’est vachement bien. En termes de performanes ? On est pas très loin des voitures thermiques.

Mais surtout pour une voiture biplace, c’est déjà une voiture qui va très vite. L’objectif, c’était d’utiliser le sport, le sport mécanique comme vecteur comme vecteur de communication vis à vis du grand public pour démontrer que c’était des solutions 100% propres et permettant de traiter potentiellement des sujets importants pour notre civilisation,

Qui sont de transporter des matériaux d’un point A à un point B lourds et donc demandant une autonomie assez forte, Ce que ne peut pas faire la batterie. Donc l’idée c’est d’étudier les sports mécaniques pour justement convaincre et démontrer la véracité de l’exploitation de l’hydrogène à terme.

Le sport nous a permis de convaincre les industriels d’aller un pas plus loin. Nous avons donc fait des projets qui démontrent que l’on peut faire du transport par exemple avec un camion qui fait 500 cheveaux et une autonomie qui fait 700 kilomètres.

Ca c’est l’étape d’aujourd’hui, finalement on va pouvoir remplir les dizaines d’années qui arrivent à remplacer ce qu’on a fait avec des moteurs à essence sur l’hydrogène. Il y a autant de boulot qu’à l’époque et donc on a 150 ans de travail. si je prends ça en comparaison avec l’essence.

A partir de 2027, une nouvelle catégorie permettra aux voitures à hydrogène de prendre le départ des 24h du Mans. La gestion du poids des matériaux et la puissance de la pile à combustible feront la différence sur le circuit. C’est pas le même bruit ! Dans notre quotidien, les voitures à hydrogène restent confidentielles,

Moins de 1000 sont immatriculées en France, bien moins que les véhicules électriques à batterie. Seuls quelques modèles comme la Toyota Mirai, sont disponibles à la vente, mais un réseau de stations se développe sur le territoire qui devrait faciliter la circulation des ces véhicules.

A Paris, la plus grande station d’hydrogène d’Europe a ouvert ses portes. Pour l’instant, on a l’avantage de ne pas avoir de grosses files d’attente. Coupez le moteur, vérifiez le type de carburant. Sélectionnez 350 bars ou 700 bars. Là, on est à 700 bars.

La disponibilité de la pompe, c’est vert, tout va bien. Retirez le pistolet. Donc on pousse, on enclenche le pistolet et normalement c’est bon. Alors le prix au kilo là actuellement là c’est 18 €. Donc là, on n’est pas en litres, on est en kilos,

Donc dans ce véhicule on met seulement 5,5 kilos. Ce qui correspond à peu près à 500 – 600 kilomètres d’autonomie. Donc la recharge est terminée. On a mis presque quatre kilos d’hydrogène, 67 € et on a mis seulement que trois, quatre minutes quoi.

Donc on est vraiment proche du temps que l’on adopte en général pour faire le plein d’essence au diesel. Ça, c’est le gros gros avantage. Voilà, tout simplement. Bonjour Loic ! Bonjour Victorien ! Alors c’est qui les clients de la station là ?

Alors aujourd’hui la mojorité des clients qui viennent s’approvisionner à la station sont des chauffeurs de taxis, des particuliers ou des conducteurs des premiers véhicules utilitaires légers. Et on peut accueillir ici entre 200 et 400 véhicules en fonction des pleins qui qui sont faits. Par jour !

Et du coup, c’est intéressant de parler du fameux match qu’il y a entre les véhicules à batterie et les véhicules à hydrogène pour notre mobilité. C’est quoi ton avis par rapport à ça ? Moi mon avis c’est que toutes les solutions qui vont permettre de décarboner

La mobilité sont des solutions à développer. et qu’ensuite ce n’est pas un match, c’est une question d’usages. Donc il y a des usages pour lesquels l’hydrogène va s’imposer, notamment l’usage intensif. Typiquement un chauffeur de taxi va conduire entre 250 à 300 kms par jour, donc il va rechercher une recharge rapide

Et une forte autonomie. L’autre avantage de ces stations c’est qu’elles sont capables de produire leur propre carburant. Ici, pas besoin de livraison. L’hydrogène est produit sur place. Vous avez ici la partie production d’hydrogène avec un électrolyseur l’eau du réseau qui arrive par le fond de la boîte blanche,

L’électricité qui vient percuter dans des stacks l’eau pour produire de l’hydrogène. Pour diminuer l’impact de nos déplacements, les transports en commun sont à privilégier quand cela est possible, Les véhicules électriques à batterie ou à hydrogènes sont des solutions qui restent moins émettrices que les voitures thermiques sur tout leur cycle de vie.

Et qu’en est-il du danger de ces véhicules ? Rouler à l’hydrogène est-il sûr ? Les pompiers de l’ENSOSP, l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers nous ont permis de le comprendre de plus près grâce à des tests en situation. Je te remets ta tenue d’intervention pour mettre par dessus

Soit directement ou indirectement, de toute façon tu seras en retrait. Ca marche ! Je vais te trouver des chaussons de sécurité et puis après on va faire le briefing avec les équipes. Pour éviter que je prenne feu… Vous allez réaliser des exercices différents en utilisant trois

Typologies de flammes toutes enflammées, que ce soit sur du GPL, du GNV et de l’hydrogène, du GPL à 17 bars, du GNV à 170 à 200 bars et de l’hydrogène de 200 à 350 bars. Je vais enfin pouvoir voir à quoi ressemble une flamme hydrogène.

A priori à pas grand chose parce qu’on voit rien. Je vais pouvoir quantifier la puissance énergétique de l’hydrogène. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on va le comparer avec d’autres types de carburants comme en l’occurrence c’est du GPL et du GNV. Impressionnant cette flamme !

Là on a une température d’environ 900 degrés à la flamme si on ne met pas de protections. sur le GNP c’est ça ? Oui, absolument. La prochaine normalement, c’est hydro. Donc là on est invisible… Ce qu’on va faire, c’est quand ils vont mettte la flamme , on ne pas ouvrir les

Les lances dans un premier temps. On va tous passer regarder la caméra thermique pour voir la direction de la flamme. Et après quand tout le monde aura vu la flamme, et voir comment elle bouge comment elle évolue, on ouvre les lances et on y va.

En l’absence de carbone, la flamme d’H2 est incolore et donc uniquement visible grâce à une caméra thermique. Son rayonnement est également très faible, la chaleur de la flamme atteignant pourtant les 2000 degrés ne se sent quasiment pas. Déjà ce n’est qu’à 300 bars, et 700 ça doit être incroyable..

Ca fait pire ! Quelle expérience ! C’est dingue, merci ! C’est important pour vous d’être confrontés aux vrais phénomènes, notamment pour 300 bars comme disait Thierry. Même si on s’y attend, à un déclenchement, vous voyez que ça claque quand même pas mal L’hydrogène est extrêmement léger, il se dissout instantanément dans l’air

4 fois plus vite que le méthane. En revanche en milieu confiné, si l’hydrogène se retrouve dans des concentrations de 4 à 75% dans l’air, il est explosif. Un risque bien connu des industriels mais qui freine encore le grand public. Aujourd’hui, l’hydrogène impressionne parce qu’il est en cours de développement

Sur l’ensemble du territoire. Mais pour autant, nou sommes en capacité de pouvoir répondre à toute problématique éventuelle. Comme nous sommes en capacité d’y répondre pour tout autre événement en présence d’un autre gaz. Sur Energy Observer, nous naviguons depuis 6 ans dans des conditions de mer

Parfois extrêmes, avec 62kg d’hydrogène à bord contenus dans des réservoirs en fibre de carbone, sans aucun incident. Pour nous, c’est la preuve que l’explosivité de l’hydrogène n’est pas un frein à son utilisation. Pour préserver notre environnement, il est urgent d’adopter une démarche

De sobriété et de décarboner notre mobilité sans attendre. L’hydrogène n’est pas la seule solution mais FAIT partie intégrante de la solution quand les véhicules électriques, hybrides, bus et trains ne permettent pas de répondre à nos besoins.

Découvrez le tout premier épisode de notre série documentaire “H2 et Territoires” ! Dans cet épisode, nous avons souhaité nous intéresser aux voitures à hydrogène. Où en est l’innovation sur les voitures à hydrogène ? À quoi vont-elles servir ? Sont-elles dangereuses ? Pour le comprendre, nous sommes allés interroger les professionnels du secteur ! L’équipe de MissionH24 nous reçoit pour un baptême inoubliable à bord de leur voiture de course à hydrogène aux 24h du Mans. Le président d’Hysetco, Loic Voisin, nous fait la visite de la plus grande station hydrogène d’Europe à Paris ! Enfin, les pompiers de l’ENSOSP à Aix-en-Provence nous emmènent en immersion dans l’une de leur formation sur les risques liées à l’hydrogène !

Cet épisode sur les véhicules à hydrogène n’a néanmoins pas vocation à trancher dans le débat sur la pertinence ou non de l’interdiction de la vente des véhicules thermiques neufs après 2035 ! S’affranchir des véhicules thermiques soulève des questions sur notre capacité à fournir suffisamment d’électricité renouvelable pour alimenter tous les véhicules électriques à batteries et à hydrogène, à construire des infrastructures de recharge, des stations etc.. qu’il est légitime de se poser et sur lesquelles nous manquons encore de recul.

Bon visionnage et n’hésitez pas à nous faire vos retours en commentaires !

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