Ivresses himalayennes, avec Benjamin Védrines — Les Baladeurs #79
randonn un jour ou partez pour toujours avec Colombia la marque conçoit des vêtements des chaussures et des accessoires intégrant des technologies testées en conditions réelles depuis plus de 80 ans pour les passionnés d’aventure du monde entier Colombia est fier d’accompagner le podcast les baladeurs les baladeurs récit d’aventure et de mes aventures en pleine nature un podcast du méia leosers rendez-vous sur notre site leshosers.com les o thes.com pour découvrir notre magazine papier la carte méthode rectoverso pour organiser vos aventures en France et tous nos autres formats au confin de l’Asie les 14 plus hautes montagnes du monde domine les chaînes de l’Himalaya et du carakoram 14 sommets qui percent le ciel à plus de 8000 m véritable défi pour les alpinistes du monde entier mais celles et ceux qui se risquent là-haut le savent grimper à ces altitudes est une entreprise périlleuse les températures glaciales les vents féroces et les avalanches gigantesques rendent la progression impossible alors que les chutes et les odèmes causent la perte de nombreuses vies qui jalonnent encore les pentes en pour atteindre leur but les expéditions commerciales s’organisent en immense cordée avec guide et cherpa elles assiègent la montagne pendant de longues semaines installent de larges camps intermédiaires et utilisent de l’oxygène en bouteille pour contrer les effets de l’altitude mais certains veulent grimper à leur manière en 2022 l’alpiniste surdoué Benjamin Vedrine s’est envolé en direction du bradpque son objectif réalis l’ascension en one push d’une traite du pied de la montagne au sommet un style rapide et léger en solitaire et sans oxygène réservé au meilleur de la planète après une première ascension de repérage des plus rudes il attend son heure au camp de base en compagnie de son ami Nicolas Jean quand la météo s’améliorera il s’élancera pour tenter de battre un record de vitesse et si tout se passe bien il rentrera à la maison à moins qu’une nouvelle idée germe d’ici [Musique] là si mon intention c’est de vivre quelque chose de fort je vais chercher la vie euh à à travers effectivement une prise de risque qui inclut la mort voilà mais mais c’est toujours un calcul de bénéfice et de risque c’est toujours un calcul entre voilà qu’est-ce que euh je peux avoir en bénéfice grâce à cette pratique à risque versus le prix qui peut en découler c’est-à-dire et ben la la malheureuse tragédie avec l’intégrité physique euh la chute on va dire avec la chute la fatalité la fatalité mais je je veux pas m’arrêter sous prétexte d’avoir peur de la mort si je ressens le besoin d’être en montagne de de de vivre ce que je vis de vivre ces ces réalisations et donc je je je je suis prêt à affronter euh voilà cette fatalité euh je pense que si si on commence à avoir peur à la si on commence à avoir peur de la mort on on peut plus vivre si on est passionné comme moi c’est pas possible on est on est prisonnier en fait on est prisonnier d’une d’une idée qui qui qui n’a absolument aucune issue après 10 jours de repos et bien la fenêtre météo c’est c’est amélioré il y a eu les planètes se sont à peu près alignées et donc je je me suis j’ai commencé à me préparer et et j’ai décidé effectivement de de prendre le départ de de cette belle de cette belle ascension de ce beau défi qui était de grimper le le BR pic à la journée sans oxygène euh j’ai partagé ce départ avec un ami qui s’appelle François casanelli qui est un valdotin et qui voulait également le le faire à la journée sans oxygène et donc on s’est retrouvver à 23h dans la tente au Bros de pic à partager un petit déjeuner euh euh en commun alors c’est assez original même si en montagne on a l’habitude de se lever tôt ça V que 23h à à 5000 m au Pakistan on était tous les deux dans la tente et voilà c’est un petit moment de complicité entre deux alpinistes assez ambitieux et puis après on a pris le départ et et donc à minuit on a actionné nos montres euh puisque le but du jeu quand même était d’être le plus rapide et donc là on par vraiment à des vitesses différentes François parle légèrement euh euh plus doucement moi je je je pars devant plus plus plus rapidement j’ai mes repères mais pendant cette monté là ce qui était ce qui est pas évident du tout c’était de gérer ce rythme là ce rythme d’ascension où en fait tu sais qu’il faut quand même aller vite appuyer un petit peu sur la machine et en même temps il faut te contenir un petit peu te brider il faut que je me bride pour pas avoir trop de de de symptômes de ce malaigu des montagnes ou de cette hypoxie sévère que que je redoutais à ce moment-là quoi et l’équilibre entre les deux est pas si évident et là on est de on est de nuit je je je j’avais la frontale qui éclairait le le sol et puis j’arrive à je suis arrivé à la tente à à 6008 que j’avais déposé où m’attendait heureusement quelqu’un qui euh qui que je connaissais que j’ à qui j’avais prêté la tente et qui m’avait préparé de l’eau j’ai changé en fait d’habit je me suis hydraté je me suis alimenté euh parce que à ces altitudes là il faut rappeler aussi qu’on a du mal à manger on a du mal à boire et en fait notre corps se déshydrate très vite et et également vu que c’est un effort qui est continu et qui est quand même dur et ben on a besoin également de lui apporter du carburant et pour ça il faut manger manger mais mais en fait on on s’y oppose le corps s’y oppose l’esprit s’y oppose également et c’est un peu en contradiction avec nos besoins et après de 6008 je je suis reparti je suis reparti avec un fort enthousiasme parce que je je sentais que c’était pas le même c’était pas les mêmes sensations que le premier Brad pig je sentais que j’étais un petit peu sur une forme de nuage que j’avais les jambes légères que au niveau de la tête j’avais pas du tout détau de sensation de de mal de crâne c’était pas du tout le cas donc il y avait une sensation d’agréable d’apaisement presque ouais heureusement à 7008 à peu près au moment où il y a un passage un peu technique et bien il y avait personne dans le passage je me faufile de ressau verticaux en ressau verticaux euh et ensuite je suis arrivé sur l’arête somital là où 10 jours plus tôt j’avais vraiment subi de de lourds dégâts psychologiques à à à galérer dans cette neige profonde et puis à mettre le front sur la neige parce que j’ j’en pouvais plus de manière répétée comme ça à me dire mais qu’est-ce que je fais là et là je sentais que j’étais en face avec les éléments et que je savais pourquoi j’étais là et je vivais un truc un peu comme un moment de grâce un peu enfin je sentais que c’était quand même un moment rare voilà c’était un moment rare et que j’étais en train de vivre quelque chose que je vivrais pas demain la [Musique] veille je marcher toujours sur cette crête on a à gauche du coup la Chine désertique qui qui s’étend sur des kilomètres des milliers de kilomètres avec quelques sommets à 7000 m magnifique et puis à droite on a tout le caracoram qui pareil vers l’ouest où s’enfile des montagnes à plus de 7000 m on a le macher Brom qui est qui est magnifique on voit le nangaparbat au loin très loin qui est le le dernier 8000 le plus à l’ouest de la planète et puis en fait à la fin finalement je me suis retrouvé euh devant tout le monde et c’est ça qui était paradoxal c’est que j’étais parti euh euh à 23h du pied de la montagne la plupart des grimpeurs étaient partis à 22h du dernier camp donc à 7000 m donc 1h à peu près avant moi et finalement je me suis retrouvé à tous les avoir ben euh doublé à les avoir euh évité par la gauche ou par la droite à les avoir dépassé et je me suis retrouvé ben le le premier finalement au sommet et à ce moment-là à 7h28 puisque je suis parti à minuit donc à 7h28 et ben je suis arrivé au sommet et là j’ai regardé ma montre et en fait vu que je la regardais un petit peu avant je savais à peu près quel temps j’avais mis mais tout le long j’y croyais pas trop j’y croyais pas trop parce que euh pour moi c’était impossible de mettre moins de 10h ben j’avais du mal tout simplement à à à croire en ce que je je venais de faire en fait la plupart des gens effectivement mettent trois à 4 jours et là quand quand je gravie ce ce Bros de pic en 7h28 ça me donne la sensation de d’avoir atteint mon objectif ouais et ça m’a confirmé que je j’étais fait pour pour ces ascensions un peu solitaires d’endurance en en haute altitude avec un un air rarfié que j’aimais ça quoi c’était le début de cette histoire avec ces 8000 où du coup j’ai j’ai créé un lien fort avec ces montagnes qui sont qui sont hautes avec ces montagnes qui sont au niveau topographique qui sont fascinantes je trouve de par leur forme de par leur hauteur bah c’est des montagnes tout simplement c’est des montagnes qui sont jolies qui sont belles qui ont une histoire qui ont un panorama également et donc voilà de me retrouver au sommet de ce ce Bros de pic à ce moment-là moi je j’ai ressenti quelque chose de fort je sens que j’ai besoin de de crier un bon coup et de dire allez là ça y est je l’ai fait sois fier de toi tu asasas tu as fait un long chemin tuas tu as parcouru un long chemin pour en arriver pour en arriver là et du coup je je je profite ouis je profite de ce moment-là quoi je profite de ce moment-là et c’est en c’est en réalisant cette ascension là effectivement que que que derrière les gens ben du coup m’ont m’ont défini comme étant l’homme le plus rapide sur l’ascension 8000 m au moment où je suis au sommet je me rends compte que les conditions aérologiques étaient favorables pour décoller en parapente alors là et ben c’était la serise sur le gâteau je me suis dit ben là tu vas cocher les deux les deux rêves de ta vie les deux rêves que j’avais c’était ça c’était de gravir un sommet comme le Brod pic à la journée sans oxygène et c’était de décoller d’un sommet de plus de 8000 m quoi et donc là j’avais la voile dans le dos j’ai je suis redescendu 15 m en aval j’ai étalé ma voile et puis j’ai fait juste deux pas en arrière et puis la voile c’est c’est mise auudessus de ma tête très rapidement et je regarde les sommets alentour je vois le cade à droite je vois les G Brom je vois les G Brom à gauche et puis là ben il a suffit juste de deux trois pas tac et et là ben c’était le plus beau vol de ma vie qui c’est en plus le premier décollage de l’histoire alors c’est un concours de circonstance mais en tout cas j’avais tout tout tout plaisir à à réaliser ça parce que finalement la résultante de ce ce vol c’est que et ben 25 minutes plus tard après avoir parcouru les air après être passé juste audessus du col un petit peu côté chinois mais faut pas trop le dire j’ai survolé également les amis qui grimpai encore puis crier de joie et puis eux qui criaient aussi et puis 25 minutes plus tard ben j’atterris sur le glacier du baltorau juste à côté du camp de base pile à l’heure pour le le petit déjeuner pil l’URE pour les pancakes et en gros il était 8h 8h20 8h30 je suis heureux je suis je je me sens complètement comblé j’ai coché toutes les cases de ce pourquoi j’étais venu et par contre très vite je sens que je tourne la page comme je l’ai toujours fait et là ben je regarde le K2 derrière je voisà mon montagne qui était à la base pas prévu dans mon expédition et vu que je suis quelqu’un d’extrêmement gourmand en montagne et bien je me dis tiens allez maintenant que tu es acclimaté ben il faut faire cette montagne le C2 quoi à ce moment là je vois une montagne pyramidale je vois un petit peu le la perfection de ce que un imaginaire lambda pourrait avoir quand il pense à une montagne voilà et le K2 c’est vraiment je trouve le symbole d’une montagne parfaite presque où on a cette pyramide majestueuse qui qui s’élève au-dessus des autres et on voit bien que que que qu’elle dépasse considérablement c’estes ses satellites autour et notamment le BR pic on voit bien que c’est le petit frère il fait il fait il fait petite mine face à cette haute montagne qui est le C2 je je sais à ce moment-là ai que c’est la deuxième plus haute montagne du monde euh je suis pas crédule c’est impressionnant parce que en sachant ça euh moi qui rêve aussi de l’Everest et ben je je sais que c’est un petit peu la l’étape suivante moi qui ai toujours respecté les étapes je sais que là je viens de valider le Bros de pic euh si je valide entre guillemets cette altitude de 8600 m peut-être qu’un jour je pourrais prétendre à l’Everest euh et puis euh on est face à une montagne où il y a beaucoup d’histoires les Italiens qui ont quasiment 70 ans auparavant ouvert la la première ascension par l’éprons des abruses il y a eu aussi la Magic Line qui est une magnifique ligne qui est pile en face de justement de de l’axe de la vallée dans laquelle on je suis à ce moment-là et puis il y a aussi la red West qui a été gravie par Pierre Bégin et Christophe Profi en style alpin qui est un un des plus beaux accomplissements en style alpin de de l’himalaïisme français donc c’est tout ça c’est le poids culturel c’est la topographie des lieux c’est l’esthétisme de la montagne et c’est le c’est le défi aussi que représente la montagne quand quand je la regarde et quand je la vois je sens que je me sens prês en fait alors que jusqu’à maintenant je me sentais écrasé par la montagne je me sentais dans l’incompét je me je me sentais vulnérable face à cette montagne et et tout tout en en me sentant vulnérable je me sens un peu plus prêt un peu plus apte à me dire bon ben binge tu es peut-être capable de le [Musique] faire la folie elle peut amener autant le bien que le mal quoi j’ai envie de dire euh c’est c’est c’est parfois le l’audace c’est c’est l’audace de manière générale qui nous amène à faire des choses incroyables mais c’est parfois aussi l’audace qui nous amène à à à nous à nous casser les dents sur des projets trop ambitieux ça c’est évident et c’est c’est cet équilibre qui est pas si évident parce que on peut pas faire de grandes choses sans prendre des risques c’est impossible au-delà de 8000 m chaque 100 m et c’est un palier qui est considérable et donc ce ce 8611 m que représente le K2 et bien évidemment que je sais que c’est pas du tout un objectif anodin il y a beaucoup plus de de de de risque de d’échouer tout simplement simplement c’est en même temps en faisant face à ce risque de l’échec que je me construis aussi en tant qu’alpiniste encore aujourd’hui s’il y avait une garantie de réussir ça ça m’intéresserait pas et le K2 par exemple si je le fais en 2 3 jours je sais que j’ai 85 % de Chan de réussir à peu près quoi si je le tente à la journée là ça ça se réduit à à 20 30 % même peut-être un peu moins moi c’est ce que je recherche à ce moment-là de faire face à l’inconnu on sait pas vraiment si c’est possible par exemple sur le K2 de mettre moins que ce qui a déjà été fait ce qui a déjà été fait c’est 1986 Benoît chamou alpiniste français qui a mis 23 heures entre le camp de base avancé et le sommet et on sait pas si c’est possible de mettre entre 15 et 20h on est sur un 8006 on est sur un un sommet qui est extrêmement haut avec un dénivelé qui est important qui fait plus de 3300 m ben est-ce on n pas de référence et c’est comme ça finalement que moi je m’y retrouve à la fin c’est c’est en vivant une grande aventure quoi parce que l’aventure en par définition c’est la multiplication d’inconnu quoi après avoir pris la décision du coup ben de de gravir le cas2 je je je me prépare déjà au niveau du matériel je me repose un petit peu parce que j’ai stressé beaucoup mon corps à la suite de ce ce record sur le sur le BR pic à la suite de cette ascension exigeante même si elle a été relativement facile et puis il met imposé dans tous les cas de faire une reconnaissance dans la voie normale du K2 pour aller voir pour se rendre compte de ce que c’est avant de tenter la même ascension que sur le BRIC c’est-à-dire à la journée sans oxygène en descendant en paraprente je veux le même cahier des charges mais juste avec un défi plus important voilà sur une montagne plus haute euh j’ai confiance en moi et donc je pars en fait reconnaître la voix et déposer du matériel au camp 3 à 7500 m donc là je pars du camp de base du Brod pque qui est pas très loin du camp de base du K2 il y a à peu près 45 minutes entre les deux et puis je me rends compte en fait des plumes que j’ai laissé sur l’ascension du BR pic quelques jours auparavant je me rends compte que je suis fatigué je me rends compte que ma vitesse ascensionnelle est est et moindre et bien bien réduite par par par la fatigue et le stress que j’ai occasionné à mon corps et pour autant j’arrive à atteindre le camp 3 au bout de 8h et là j’y dépose du coup ben du matériel je dépose une bouteille de gaz j’y dépose de la nourriture j’y dépose des vêtements mes guêtres également enfin en gros tout ce qui constituera mon équipement de survie pour pour pour aller plus haut en altitude et à chaque fois pour la clim matation pour les rotations justement de de dépose de matériel je profite de ma voile de parapand que j’ai également acheminer jusqu’au camp 3 pour descendre en parapente et je transforme du coup les 8hur de montée en en 20 minutes de vol contemplatif à ce moment-là puisque c’est la fin de journée et puis je j’atterris pas loin du camp de base du du Bros pic et puis là c’est pas l’heure du petit- déjeuner mais c’est l’heure du du repas du soir voilà donc à chaque fois c’est le c’est c’est pas loin de mettre les les pieds sous la table et puis et puis on on mange après un joli vol de au-dessus du [Musique] baltureau et et à ce moment-là c’est pas simple parce que avec le routeur météo qui me suit donc c’est Yan gesendaner qui est un célèbre routeur météo qui est basé sur chamoni il me donne des bulletins météorologiques deux fois par jour et j’observe ces bulletins avec beaucoup d’attention et et à chaque fois ça se retarde en fait c’est-à-dire que un jour il m’annonce que le le 27 juillet a priori la météo va faire et puis finalement le lendemain et ben c’est c’est toujours pas bon donc ça ça se reporte au 28 juillet les alpinistes eux commencent à partir parce que ceux qui mettent plusieurs jours et ben finalement il faut qu’ils partent qu’ils anticipent un petit peu et il faut qu’ils partent quelques jours avant la fenêtre d’ascension donc le le camp de base se vide donc je me retrouve de plus en plus seul les alpinistes prennent le chemin vers le le sommet et pour ma part à ce moment-là ben je suis convaincu que le créneau va va avoir lieu Yan me dit voilà le le le 20 le 28 ça a l’air bon le 29 potentiellement c’est meilleur et et moi je décide de de partir le 28 parce qu’en fait au bout d’un moment dans ces expéditions là la météo elle a un degré de de de fiabilité qui est extrêmement réduit et donc l’indice de confiance est pas suffisant pour euh pour être sûr que euh que que ce ce qu’ils annoncent et ben sera euh sera bel et bien euh la météo sur sur le terrain quoi euh quand on prend la décision de partir on largue un peu les amars et parfois je pense un petit peu d’ailleurs aux aux anciens aux anciens alpinistes qui eux n’avaient n’avaient pas de prévision météo et qui devait faire face à cet inconnu beaucoup plus que nous aujourd’hui et puis je me dis bon ben allez maintenant euh tente ta chance et donc je décide de partir en fait le le soir à 17h je pars je pars à 17h à peu près 17h 18h du camp de base principale dans le but d’arriver le lendemain matin au même moment à peu près que mes amis valdotin qui eux dorment la veille au camp 3 à 7500 m à peu près et il y a d’autres alpinistes que je connais qui dorment à 8000 m voilà il dorment au camp 4 et moi je pars de tout en bas du camp de base à 5000 m là je marche sur le glacier qui est qui est sur de la glace complètement vive donc il y a plus de neige à à cette période là on on est fin fin juillet tout est sec je pars dans la pénombre je dis au revoir à à mon ami zichan qui est l’officier de liaison qui me qui nous suit sur l’expédition je dis au revoir à toute l’équipe le cuisinier qui qui est là également et puis voilà je je pars seul avec mon petit sac à dos avec mon gilet de trail dans lequel sur lequel j’ai ma balise de secours pour pouvoir converser quand même au cas où j’ai aussi des flasques d’eau pour pouvoir m’hydrater et puis quelques quelques gels quelques barres de céréales et puis au bout d’ 1h30 j’atteins le camp de base avancé et ce camp de base avancé en fait c’est vraiment la la référence spatiale qui permet de pouvoir se se comparer à ce qu’avait fait Benoît chamou en 1980 6 et donc cette cette 1h3 qui me séparait du camp de base au camp de base avancé me permet de m’échauffer d’une certaine manière c’est un échauffement un petit peu rallongé on va dire et donc le soir à vers 19h je j’actionne ma montre encore une fois 10 jours après avoir actionné la monte sur le Bros pic je l’actionne sur le K2 les risques de grimper à ces altitudes là sans oxygène ils sont multiples il y en a plein euh mais avant tout il faut vraiment préciser que sans oxygène on a un risque bien plus important de de se geler les membres par rapport à celui qui a un apport d’oxygène suppémentaire donc ça c’est quelque chose auquel il faut faire attention on a beaucoup plus froid en fait tout simplement par rapport à celui qui avec bouteille euh on a également les odèmes cérébraux euh on a les odèmes pulmonaires aussi qui euh qui sont propres à la haute altitude et puis après ben c’est c’est des risques qui sont liés à l’environnement de la montagne comme par exemple les avalanches les chutes de pierres les chutes de pierres qui peuvent être aussi occasionné par d’autres grimpeurs qui sont présents sur la montagne ça c’est pas impossible euh voilà c’est des risques qui sont assez classiques pour beaucoup et d’autres qui sont liés à ces hautes altitudes et qui sont les odèmes pulmonaire odème cérébraux et puis les jolures tout de suite c’est un terrain qui raide avec de la glace très rapidement toujours est-il que je vois ces nuages qui défilent dans le ciel l’obscurité qui arrive et je je me décide quand même malgré tout à continuer je me dis que dans tous les cas ça vaut le coup de d’aller voir plus haut par curiosité je sais que c’est le dernier moment pour moi dans l’expédition où je vais pouvoir tenter le cadeau il il y a pas d’autrees fenêtre de tir comme on dit donc je continue le vent se renforce le vent se renforce je m’enfonce un petit peu plus dans la neige il commence à neiger également et en fait fait j’arrive au camp 2 et là je rentre dans une tente pour me mettre à l’abri il y a y a a quasiment personne je vois quelques frontales qui s’agite ici ou là mais je suis globalement seul et là j’appelle zichan donc mon officier de liaison qui est au camp de base et je lui demande un peu quoi faire sauf que c’est complètement illusoire parce que il sait pas du tout ce que je suis en train de faire il il pratique pas c’est un militaire pakistanais mais qui est qui est passionné par ce qu’on fait mais par contre il peut me donner aucun comp donc à ce moment-là c’est juste une manière pour moi de de ne pas me sentir seul et d’avoir une forme d’amis on échange des une conversation qui qui a finalement presque ni que ni tête donc j’ai très vite repris le libre arbitre très vite repris possession de de mes capacité à réfléchir à ces altitudes là et dans ces momentsl en fait c’est des nœuds décisionnels euh fort on est habitué en tant que guide d’ montagne en tant qu’athlète à à mettre en place un petit peu une gestion du risque une gestion de euh de ce que l’on observe euh à travers une grille notamment le 3 par 3 donc c’est une grille en fait où on va observer les les le le terrain on va observer la météo on va observer l’humain et à chaque fois on va traiter ces informations les croiser en fonction euh euh d’un timing précis on va le faire avant de partir on va le faire euh pendant qu’on est en train de gravir la montagne et à ce moment là moi je suis en plein dents je suis pendant que je gravie la montagne et je vois bien que au niveau de la météo c’est pas terrible euh au niveau du terrain il y a de la neige fraîche c’est pas top non plus et au niveau humain et ben je me sens quand même plutôt bien je me sens bien je me sens motivé et par contre je suis euh rempli de doutes et quand même de peur et donc je je sens que je stresse à ce moment-là et le stress en montagne on sait que c’est c’est sujet à une consommation quand même excessive de d’oxygène et qui dit consommation excessive d’oxygène dans ces environnements là dit ben que c’est dlé TER dit que c’est dlé TER et c’est dlé TER pour la suite mais ça je m’en rends pas forcément trop compte parce que quand on est animé par l’idée d’aller au sommet que c’est la raison principale de ce pourquoi on fait de l’alpinisme c’est aller vers le sommet explorer l’au-delà explorer tenter de de voir l’horizon derrière qui se cache derrière la CIM et bien à ce moment-là on on a ce ce défaut d’être peut-être un peu trop balistique de vouloir absolument se mettre des œillères et de pas prendre suffisamment de hauteur et sauf qu’en fait plus on se rapproche du sommet plus c’est dur de faire demi-tour c’est extrêmement difficile et et plus on est loin de chez nous plus le sommet est éloigné avec un investissement lourd avec un investissement financier avec un investissement matériel avec un investissement aussi humain et un investissement physiologique aussi parce que ça demande beaucoup d’acclimatation et ben l’enjeu est énorme et c’est beaucoup plus dur de faire demi-tour que quand je suis à côté de la maison à la barre des écrin et que je sais que je vais pouvoir revenir le lendemain tenter l’ascension là j’ai qu’une chance c’est maintenant ou jamais mais en fait cette chance elle représente quoi elle représente pas grand-chose par rapport à la vie que je suis en train de vivre et que finalement si je fais pas le K2 ben qu’est-ce qui se passera c’est pas grave je vais pas mourir parce que j’ai pas fait le K2 mais sur le terrain et ben tous les Bills sont pas si évidents à à à faire cohabiter puis du coup à prendre les bonnes décisions au bon moment je prends la décision d’aller au au camp 3 je sors de la tente du camp de et là je je continue l’ascension dans la neige voilà je tire toujours sur les cordes commence à y avoir encore plus de vent je vois juste dans le halau de ma frontale les flocons qui volent mais pas qui s’enfonce dans la neige le terrain est toujours raid et j’arrive pas loin du haut de l’épron des abruses et là en fait la corde est sous la neige complètement sous la neige il y a pas de trace et je sens que ça être long long long pour aller jusqu’au camp 3 j’ai des toutes petites chaussures qui sont très froides heureusement que j’avais mis des heureusement j’avais mis des chaussettes chauffantes avant de partir donc là je je les actionne parce que il commence à faire vraiment froid et en fait je sens qu’il faut absolument que j’atteigne rapidement le camp 3 pour me mettre tout simplement en sécurité parce que je sais que si je reste je pense une vingtaine de minutes là où je suis je tombe en hypothermie je tombe en hy term il y a personne autour de moi je pense que je meurs assez vite et donc là je sens vraiment cette cet esprit primitif de devoir rechercher un abri et je sais qu’au camp 3 mattend cette tente que des copains avaient dressé et dans laquelle j’avais mon [Musique] matériel après pas mal d’heures d’effort j’arrive à cette tente dite et je je rentre dedans avec un grand soulagement en me disant genre ça y est je suis en sécurité et enfin je vais pouvoir me faire de l’eau enfin je vais pouvoir m’alimenter et c’est à ce moment-là que je me dis là c’est fini je j’arrête totalement j’arrête tout je je vais faire demi-tour je dors là lendemain je redescends tranquillement sauf que c’est sans compter sans mon esprit un petit peu changeant un petit peu GIR et évidemment qu’après une heure de pause à peu près je regarde à nouveau dehors je vois que les nuage ça me nuise un petit peu je vois que quelqu’un monte vers le camp 4 qu’il est en train de faire une trace et à ce moment-là moi je me je je fais la part des choses je calcule les bénéfices et les risques de ce de cette tentative je vois que le ciel commence à se dégager et je vois que je commence à reprendre un petit peu des des forces j’ai mangé pas mal de bonbons que j’avais déposé j’ai j’ai refait le plein j’ai j’ai je me suis abreuvé d’une bonne quantité d’eau et là je sens que j’ai quand même un petit coup à prendre je me suis je me dis allez et ben comme je l’ai toujours fait du camp 1 jusqu’au cand 2 puis de C 2 jusqu’au camp 3 et ben je me dis du camp 3 ben je vais jusqu’au camp 4 on est encore de nuit c’est la nuit noire il y a un peu moins de vent je commence à être au-dessus des nuages donc c’est une forme de mer du nuage en fait qui avait en dessous et qui qui générait ces ces chutes de neige excessives et là je parviens arriver au camp 4 relativement rapidement parce que la trace qu’avait fait la personne devant moi me permet de pouvoir accélérer le pas et d’économiser de l’énergie et je sais qu’à partir DEAMP du camp 4 et c’est le cas la trace sera bien meilleure et elle est bien meilleure parce qu’ il y a tous ces alpinistes qui sont effectivement là et qui eux ont pris ont pris la décision de de tenter le sommet véritablement euh parce qu’ils étaient au-dessus de la mer de nuage en fait dès le début et donc eux ils ont pas vu ce mauvais temps en dessous et ils sont partis à la bonne heure et donc moi j’ai un grand grand soulagement quand je me retrouve sur cette forme d’autoroute avec une trace qui est beaucoup plus agréable avec une neige qui n’est plus du tout meuble c’est-à-dire une neige qui ne s’enfonce plus et sur laquelle je peux poser mes pieds l’un après l’autre sans perdre cette énergie folle quoi et puis surtout je je vois audessus de ma tête un cheminement que je ne connais pas du tout puisque je me suis jamais aventuré au-dessus du camp 3 et je vois surtout ce serc bottleneck immense c’est une grande barre de glace de plus de 100 m à peu près dans ces eau- là qui est très très impressionnante très intimidante et en fait tout le cheminement pour aller jusqu’au K2 se se situe en partie sous ce cérac en aval de ce cérac et les risques principaux enfin les dangers principaux quand on évolue sous cette barre de de séraac c’est c’est qu’il a des morceaux de glace qui se qui se détache puisque c’est un sérac c’est lié à la masse glaciaire donc ça ça bouge vers l’avant et et par gravité avec les les mouvements glaciaires ça peut parfois se fissurer et du coup il y a forcément à un moment ou un autre des morceaux de Glass qui qui tombe et donc moi je vois ce sérac et puis dessous à gauche également je vois des front je vois tous ces alpinistes sûrement des gens que je connais qui sont en train de de s’élever vers vers le C2 et donc là ben en fait je retrouve une forme de d’énergie d’engouement de me dire bah là je suis plus tout seul ça y est je vois enfin le bout du tunnel d’une certaine manière et donc je je suis pris d’une excitation folle et je me dis ça va le faire la zone de la mort dont on parle souvent c’est vrai qu’on la on la ressent je dirais à partir de 7500 M parce que euh on voit que les gens qui sont autour de nous ne peuvent absolument pas nous aider donc déjà c’est une zone à partir de laquelle on sent que les secours sont beaucoup moins possibles parce que les hélicoptères ne peuvent pas voler à ces altitudes là parce que les gens ne peuvent pas porter assistance et parce que c’est effectivement une zone bon alors à 50 m près c’est dur de la de la délimiter mais c’est une zone à partir de laquelle effectivement le manque d’oxygène est tel euh que que que que chaque effort que ce soit pour grimper mais même pour sortir sa voile de parapente pour monter sa tente pour boire pour manger pour s’alimenter on sent que c’est à partir de là que physiologiquement il se passe quelque [Musique] chose je continue du coup mon ascension et puis là en fait chaque 100 m enfin chaque 100 m c’est même pas chaque 100 m c’est chaque 10 m on va dire c’est une c’est une corvée donc c’est un mélange de de grand positivisme et en même temps euh de de dureté absolue face à au à l’hypoxie qui m’atteint à ce moment-là parce que je suis dans un monde finalement que que que j’ai jamais atteint j’ai été à 846 m quelques jours auparavant et là je suis en train de dépasser cette altitude là mais je la dépasse avec un corps qui est fatigué avec un corps qui est fatigué de l’ascension du Bros de pic avec un corp qui est fatigué de de tout ce voyage qui qui qui commence à à s’accumuler et et aussi je suis fatigué de toute cette ascension stressante de toute cette ascension qui s’est faite dans des conditions pas du tout optimale avec cette neige fraîche avec ce vent la manière de respirer à plus de 8000 elle est en fait c’est c’est vraiment comme si on était respirer à 8000 c’est vraiment une sensation de de bridage c’est comme si euh vous mettiez un un tapis roulant dans un dans un congélateur et puis que on commençait du coup à courir sur ce tapis roulant on s’essouffle on s’essouffle on s’essouffle et là hop on vous met une paille dans la bouche et là du coup vous avez un débit d’oxygène drastiquement réduit et ben c’est un peu la même sensation qu’on a c’està direire qu’on monte et on a l’impression que le robinet est complètement fermé quoi fermé fermé fermé et on a envie de l’ouvrir davantage mais on peut pas en gros c’est c’est des bâtons dans les roues c’est des bâtons dans les roues et donc mon corps le ressent mon système immunitaire se s’affaiblit et je continue à monter mais je ressens des petits symptômes qui sont liés à des déséquilibres un petit peu de la fatigue qui commence à à se manifester de manière un peu plus prononcée que jusqu’auparavant je commence à à rencontrer des des personnes des grimpeurs notamment un ami Serge jardi qui grimpait le le K2 à ce moment-là sans oxygène également mais en en plusieurs jours et puis voilà je prends de ses nouvelles il prend des nouvelles de moi et puis en fait on on sent qu’on est tous les deux très affaiblis donc on parle très peu à ce moment-là on a une économie de mot et on peut pas converser longuement quoi donc je continue mon ascension et je me retrouve sous cette barre de glace immense qu’ le Serac du bottleneck et c’est à ce moment-là que commence je pense les graves problèmes c’est à ce moment-là que les choses commencent à se compliquer dans ma mémoire je ne me souviens absolument pas de ce qui s’est passé au-delà de 8300 m voilà j’ai un une amnésie une amnésie totale entre 8300 m et tout le cheminement que j’ai continué à faire de manière un peu robotique au-delà de 8300 m et ce à priori jusque 8400 m en fait avec du recul je sais que à ce moment-là je suis en train de faire une hypoxy sévère mon mon cerveau est plus du tout suffisamment irrigué euh donc mon cerveau fait des priorités il se dit bon voà il faut irriguer avant tout le cœur les muscles et du coup j’ai une perte une altération du moins de la de la conscience j’ai une altération de de l’équilibre également mais j’ai aussi du coup un enregistrement de ce que je suis en train de faire qui est quasiment poussé à néant quoi enfin j’ai j’ai j’ai j’ai ma ma ma boîte de souvenir qui n’est qui n qui qui n’est plus remplie du tout quoi à ce moment-là je continue à gravir le K2 mais dans un autre mode quoi je suis ailleurs je suis un peu dans un blackout et je je je je je sais que les gens que j’avais doublés auparavant ben à l’inverse me double je me souviens à ce moment-là aussi que une section dans laquelle la glace est un peu plus dure et ben avec mes mes crampons en aluminium que j’avais choisi pour être plus léger et ben j’ai du mal à les ancrer donc je je patine un petit peu et ça c’est dû à l’altération de ma conscience j’ai j’ai pas tous les moyens moteur pour pouvoir faire face à ce à cette section qui est un peu plus verticale et puis j’ai des brib de souvenirs divers et variés de de sensation mais très peu très très très peu est-ce qu’ sûr c’est que je me laisse aller très souvent je me mets en position fétale et puis j’attends j’attends peut-être que je sais pas la la mort me cuueille ou qu’il se passe quelque chose mais mais c’est agréable au fond c’estàdire que je je suis capable de m’endormir de de m’endormir là sur le C 2 et puis de me laisser aller et il y a quelque chose de de doux il a quelque chose de doux je me souviens de sensation plutôt douce à ce momentl [Musique] il y a des des personnes qui qui m’ont vu notamment un secouriste polonais qui grimpait et qui lui a prévenu d’autres grimpeurs qui descendaient qui étaient dans le sens de la descente qui était plus du coup à même de pouvoir m’aider puisque ce polonais était d’une part déjà seul et en plus il était dans dans le sens de de de vouloir aller vers le sommet donc on pouvait pas lui en vouloir de de pas m’aider à ce moment-là et donc ces deux personnes qui descendent donc il y a un mexicain avec un avec son guide népalé il décide de me prêter assistance à ce moment-là il me voit dans un état de détresse absolu et là du coup ils essayent de de de de me faire rendre compte de la situation dans laquelle je suis qui est critique parce que je suis très vulnérable je suis sujet à à faire un odem cérébral et donc il m’invite à redescendre et il m’invite surtout à prendre un médicament à faire une injection de d’examéthasone et puis aussi à me mettre sous oxygène alors moi à ce moment-là je refuse euh la piqûure et par contre j’accepte l’oxygène à ce moment-là du coup c’est euh euh c’est ce mexicain et et son guide népalé qui me donne une bouteille d’oxygène qui était leur bouteille d’oxygène de secours et comme d’habitude on le dit à 8000 il n’y a pas de secours et c’est souvent la réalité des choses là on peut pas enlever le fait que il y a eu une solidarité qui s’est manifestée à travers ce don qui était quand même une forme de sacrifice pour eux ils auraient pu très bien en avoir besoin quelques mètres plus bas j’accepte l’oxygène et à ce moment-là je je retrouve un tout petit peu mes esprits et puis je commence à descendre par moi-même par mes propres moyens il faut dire que du coup pour redescendre d’une voix normale comme celle du de on est toujours sur cette grande ligne de vie que sont les cordes fixes et donc j’utilise les cordes fixes pour redescendre mais par contre j’ai pas ce qu’on appelle un descendeur j’avais fait complètement abstraction de de de ce descendeur j’avais volontairement décidé de ne pas le prendre c’est des ascensions où on où on est au gram près où on calcule tout pour être le plus rapide possible pour faire le temps le plus réduit mais également pour sa propre sécurité et donc je pour redescendre de ce cas finalement ben je dois faire un demi cabestan sur un mousquetouron simple et là je je descends doucement doucement doucement doucement doucement et et ce dont je je me rappelle à ce moment-là c’est de ce de ce corps euh de ce cadavre que je vois sur le côté de de l’itinéraire à seulement 1,50 à peu près qui est toujours là figé bloqué dans la glace mais qui est apparent et je me souviens de ce repère spatial pour moi qui est qui est assez marquant et à ce moment-là c’est c’est assez dur he mais je décide de regarder ce cadavre de de de faire le tour de de ce corps pour essayer de trouver ce que j’ai pas c’est-à-dire un descendeur parce que la descente en demiabestant sur ces grosses cordes avec un diamètre important elle est vraiment pas du tout confortable elle est pas adaptée en fait donc je décide de dire bon ben cette personne elle est décédée elle est juste là elle a une histoire effectivement mais peut-être que finalement si la personne est équipée d’un descendeur ça me permettra à moi de descendre avec une plus grande sécurité et je pense pas que son son âme m’en voudra d’une certaine manière donc je me permets de le faire et malheureusement benah en fait il avait sûrement été il avait sûrement été dépouillé par d’autres alpinistes qui qui étaient passés j’ai pas pu profiter de de son matériel malheureusement mais en tout cas c’est c’est un repère qui me permet de de dire que je suis monté à peu près à 8400 m à ce moment-là le le le premier vrai souvenir que que je retrouve c’est c’est à la même auteur que le début de mes problèmes donc en gros c’est sous 8300 m que réellement le problème se résorbe l’hypoxy sévère se réduit complètement l’oxygène qui m qui m’a été apporté je pense m’aide aussi à retrouver la lucidité et la conscience et donc je je retrouve un petit peu possession de de mes moyens quoi et là ça fait du bien ça fait du bien parce que je je peux enfin me rendre compte de la situation reprendre mes esprit et par contre je sens même si je redescends je continue du coup d’aller vers le bas que je j’ai une fatigue d’un coup comme si ça avait été un coup de de matu en fait ce moment-là François casanelli les Italiens me rejoignent et donc là c’est François qui est secouriste en en montagne dans dans dans le val d’OST et qui est également guide d’ut montagne qui me prend un petit peu sous son aile et qui décide d’assurer la descente avec un ami à lui qui est devant qui qui est un ami valdotin qui lui a perdu la capacité à voir totalement donc il a il a des des troubles de la vision d à l’altitude également et donc il est obligé de de de de de de faire appel à à d’autres sens si j’ai envie de dire et et à la voix et au repère aussi des grimpeurs qui sont devant lui pour pouvoir se se diriger à ce moment-là je prends en pleine en pleine face si j’ai envie de dire euh la réalité de ce que c’est que gravir un 8000 sans oxygène fait de de d’avoir une altération de la vision comme a pu l’avoir ce collègue valdotin et ben si si je suis seul en montagne sur à 8000 sans corde fixes sans copain autour je je suis mort quoi complètement mort et et c’est ce rapport je pense à la mort sur ces 8000 enfin au risque du moins qui qui qui qui nous fascine aussi d’une certaine manière c’est l’idée de devoir s’en sortir dans un environnement qui est extrême et faire faire appel à ses propres capacités et et sur ce coup moi j’ai sur le cas2 je pense queeectivement je j’ai j’avais les yeux plus gros que le ventre à ce moment-là j’ai j’ai j’ai fait appel à à à une i une passion pour pour ce sommet là et ça m’a ça m’a absorbé complètement sous 8003 je commence à à redescendre avec mes amis italiens et puis ben chaque pas est une épreuve parce que je suis fatigué mais pour autant je me sens vraiment chanceux de redescendre au fond je sens que je je suis pas du tout dans la frustration de de redescendre parce que mon mon objectif c’est avant tout maintenant de d’être êre en vie euh de d’accepter cette cette chance qui m’a été donné de redescendre et d’accepter cette cette perche qui m’a été tendu de pouvoir profiter de de la solidarité en en haute montagne et enfin on arrive au camp 3 avec François et au camp 3 je me sens pas du tout apte à redescendre tous les pronds des abruses qui est euh une une une une horreur enfin une horreur en tout cas qui est une labeur cette Épron des brus qui qui est qui représente des passages techniques verticaux alors même s’il y a des cordes et bien il faut quand même ne pas faire n’importe quoi avec la gestuelle il faut assurer c’est pas c’est c’est c’est la minuie qu’il faut mettre en place et à ce moment-là je me sens pas capable alors soit je décide de rester au camp 3 dormir mais je prends le risque de me fatiguer davantage et je prends le risque du coup de d’augmenter les risques de de cérébral ou de demème pulmonaire mais en même temps j’ai absolument pas envie de continuer vers le bas et donc j’ai la voile dans le dos et à ce moment-là le vent n’est n’est pas présent il est quasiment nul et je me dis ben c’est c’est ma route de secours à moi quoi je vais je vais essayer de décoller de ce camp 3 et d’atterrir au camp de base pour euh pour me reposer le plus vite possible et donc François à ce moment-là il me il il me fait part un petit peu de ses inquiétudes il me dit mais tu es sûr parce que il voit bien que je il pense du moins que j’ai pas retrouvé l’intégralité de ma conscience de ma lucidité donc ça ça le fait un peu peur et finalement je réussi à décoller quand je me retrouve dans les airs c’est vraiment ouais un moment de grand soulagement ou c’est c’est c’est le parapand comme secours à ce moment-là quoi donc je me sens pé comme un secours et comme quelqu’un qui comme un brancard quo un petit peu le le parapante devient mon Branca voilà 20 minutes plus tard je me retrouve au camp de base et je me sent un peu sauvé il faut dire que j’ai commencé mon hypoxy sévère vers 8h30 9h du matin et donc là on est à peu près dans la dans la dans dans le début d’après-midi quelque chose comme ça et je me retrouve assez vite seul avec zishan que je retrouve du coup après l’avoir quitté quelques heures plus tôt et et je me retrouve face à la réalité c’est-àdire ce que je venais de vivre et le contraste est fort le contraste est saisissant entre ce que je viens de vivre là-haut qui est qui est qui qui qui qui qui qui a failli tourner à la tragédie au au dramatique et puis ben ce ce confort du camp de base ce confort de la tente que je retrouve euh cette chaleur humaine que je retrouve également et très vite je me mets dans une situation en fait de non pas de regret mais de de de de frustration pour le coup c’est-à-dire que je ne pense de nouveau consommer et je me dis ben je vais me reposer puis je vais retourner demain après-demain je vais retenter euh je vais retenter parce qu’il y a le créneau météo qui va le permettre et et pour autant au bout de quelques jours quand même [Musique] euh grâce à grâce aux échanges aussi avec les membres de ma famille qui m’ont fait prendre un petit peu de la hauteur j’ai j’ai j’ai pris conscience de ce que je venais de vivre et j’ai pris conscience de de de mon état de santé qui était quand même réduit à quelque chose de bon en gros j’étais fatigué clairement j’étais fatigué j’étais sur une autre planète à ce moment-là enfin mon mon corps avait subi un tel shoot de de douleur un tel shoot de stress et heureusement j’ai j’ai j’ai eu un raisonnement suffisamment mature pour dire allez maintenant ça suffit plions plions le camp de base et retournons C chevalier à la maison tranquille reprenons un petit peu le goût des choses simples j’ai tout de suite pensé à à revenir moi c’est évident quelque chose qui est pas fini j’ai envie de le terminer même si c’est un sommet sur lequel je me suis arrêté à 150 m ce qui m’importe c’est c’est le le chemin pour pour y parvenir à enfin par venir à bout de ce de ce défi donc tout de suite très rapidement j’ai voulu me dire bon ben je reviendrai un [Musique] jour quelques jours après l’enregistrement de cet épisode Benjamin Vedrine est reparti pour tenter de gravir le cas 2 d’une traite et sans oxygène il est actuellement au camp de base en train de préparer son ascension pour écrire la suite de cette histoire que l’on espère heureuse merci à lui de nous avoir raconté son histoire et merci à vous de l’avoir écouté cet épisode a été réalisé par Thomas F assisté par Nicolas Alberti le récit a été présenté par Clément sacar la musique est composée par Nicolas de Ferrand avec une musique additionnelle de Michael Boga Chloé o s’est assuré du montage et Antoine Martin du studio Chris Picord du mixage à bientôt
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Aux confins de l’Asie, les 14 plus hautes montagnes du monde dominent les chaînes de l’Himalaya et du Karakoram. Nombreux sont les alpinistes qui risquent leurs vies pour gravir ces 8000 mètres. Pour atteindre leur but les expéditions commerciales s’organisent en immenses cordées, avec guides et sherpas. Elles assiègent la montagne pendant de longues semaines, installent de larges camps intermédiaires et utilisent de l’oxygène en bouteille pour contrer les effets de l’altitude.
Mais certains veulent grimper à leur manière. En 2022, l’alpiniste surdoué Benjamin Védrines s’envole en direction du Broad Peak. Son objectif : réaliser l’ascension en « one push », d’une traite, du pied de la montagne au sommet. Un style rapide et léger, en solitaire et sans oxygène, réservé aux meilleurs de la planète. Et si tout se passe bien, il rentrera à la maison. À moins qu’une nouvelle idée germe d’ici là…
→ Plus de détails sur l’épisode : https://www.lesothers.com/podcast/benjamin-vedrines-ivresses-himalayennes
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Partir à l’aventure pour se reconnecter à la nature. C’est le projet d’une communauté de photographes, autrices, rêveurs et illustratrices qui définissent ensemble les contours d’une nouvelle aventure : plus créative, plus responsable, plus accessible.
Depuis 2012, Les Others publient une revue biannuelle, le podcast Les Baladeurs, la carte-méthode Recto Verso et de multiples formats en ligne.
3 Comments
❤❤❤
les Others, mille merci pour ces podcasts, à chaque nouvel épisode c'est une bouffée de bonheur, d'air frais et d'aventures. Les conteurs sont formidables, ils nous embarquent dans leurs univers avec beaucoup de précision, on imagine tout jusqu'à ressentir leurs émotions. Des récits qui vous boost pour prévoir peut-être notre propre aventure, et qui nous rappel d'être humble face à la nature.
Merci encore … Vite vite les suivants