KARINE BONNEVAL – “PORTÉES PAR LE VENT, LARMES DE POLLEN”
[Musique] petite je ne faisais que dessiner et construire des maisons des architectures des environnements donc j’ai fait effectivement à la suite de ça un parcours très classique on va dire de Beaux Art puis d’art décoratif j’aime beaucoup coup l’idée d’avoir une idée qui peut être très conceptuelle au départ mais de la réaliser et d’avoir beaucoup de savoir-faire et de faitain à l’intérieur et c’est cette combinaison qui pour moi est ma pratique artistique j’ai travaillé pendant 10 ans dans le monde de la mode jusqu’à la haute couture en parallèle de mon travail plastique ce qui fait que les premières séries de travaux que j’ai fait c’était des pièces qui se portaient comme des sortes de prothèses d’orthèse qui transformaient l’humain pour montrer la manière dont on peut avoir des relations avec des objets ou en terme de sociaux j’avais un un goût naturel pour les plantes qui vient aussi du en fait du jardin de ma grand-mère qui avait un très beau jardin de fleurs mais aussi un jardin potager vivrier et il y a une combinaison avec un un choc émotionnel très important pour moi qui a été un voyage en guyan et la forêt quand je suis rentrée à l’intérieur de cette forêt je dis à l’intérieur parce que c’était vraiment cette sensation de rentrer dans un organisme vivant dont je n’avais pas les codes et cette combinaison des deux a a fait une sorte d’émulsion à un moment donné et je me suis dit il faut que je travaille certes à partir de de l’humain mais sur ma relation au plante en 2014 j’ai commencé à travailler avec des scientifiques notamment qui étudient justement la plante dans son environnement et aussi sa relation au sol et à l’air j’ai commencé à initier des résidences en laboratoire où j’ai commencé à travailler au plus proche des procédés avec lesquels travaillent les scientifiques jusqu’à aller parfois en détourner des usages mais toujours avec une approche que j’ai pas perdu par contre de de travailler avec les savoir-faire les matières premièr le fait main il y a 4 ans pendant le covid pendant le confinement j’ai rencontré à distance un scientifique qui s’appelle Nicolas visé et qui travaille au lazir de lillele donc c’est un aérobiologiste moi dans mon travail maintenant j’essaie de trouver euh qu’est-ce qu’on peut avoir en commun avec les plantes ce qui a priori est un peu fou mais il y a des choses qu’on a en commun et là il me parlait de quelque chose qui au contraire fait rupture avec nous c’est-à-dire il trahit sur le pollen allergène qui peut nous rendre malade et donc forcément lui aussi il trouve ça aberrent c’estàdire que comment euh les plantes qui sont pas là du tout voilà qui qui ont leur vie et qui sont au contraire la qui sont à l’origine de notre vie sur Terre donc elles ont que du positif pour nous comment on en arrive à à ce à à cette rupture qui fait qu’on se méfie maintenant de certaines plantes à cause de leur pollen comment pour moi faire famille à nouveau avec ces plantes et ces pollenes et comment ensuite euh refaire quelque chose qui une installation dans lequel justement on puisse euh baigner dans une atmosphère qui qui permet de voilà de de montrer la beauté de ces pollenes leur unicité leur singularité dans cette exposition il y a 13 pollenes anémophil donc c’est pour ça qu’on dit pter par le vent c’est parce qu’ils sont voilà c’est le titre de de la pièce parce que donc ad déémophile c’est porté par le vent ces 13 pollennes m’ont été donné par Nicolas visé et à partir de ces pollenes j’ai réalisé des portraits et donc ces portraits c’est c’est quelque chose que j’ai imaginé à partir d’un procédé qui existe déjà qui s’appelle la chromatographie donc c’est un procédé scientifique qui permet de révéler les propriétés les les composants d’une solution quelle qu’elle soit par la couleur je me suis dit que comme le pollen pouvait se mettre en solution comme c’est des grin très fin je pouvais peut-être réaliser la même chose donc des portraits de pollen à partir de ce procédé de la chromatographie et donc ça se passe sur un filtre papier que je prépare comme le papier photographique avec une solution très diluée de nitrate d’argent qui va devenir photosensible et ensuite je prépare une solution avec avec le pollen qui par capillarité c’est pour ça que si vous observez bien il y a un trou en fait au milieu des des filtres qui sont dans l’exposition la solution va se répandre en 48 he le temps est mon ami en 48 he sur ce filtre et ensuite je dois le laisser ins Solé à la lumière naturelle du soleil pendant une semaine les objets ont été vraiment créés pour chauon surloire donc il y a eu déjà cette idée de refaire comme un théâtre comme une sorte de prairie peu magique ce théâtre je l’ai créé en en imprimant sur des rideaux donc sur des voilages une image qu’on a faite au microscope confocal d’une rencontre en boîte de péterie entre du pollen des crines pollen de boulot et des larmes humaines et donc toute une vie se développe à partir de ça et ça fait un motif assez extraordinaire et très beau et dans ce petit théâtre j’ai essayé d’imaginer comme il s’agit notamment de pollen de graminé mais aussi d’arbres j’ai imaginé une prairie c’est système de de sculpture qui vont assez simples qui sont juste qui reprennent l’architecture des graminés la manière dont elles se compose avec des nœuds et des émergences et qui donne une sorte de fleur et la fleur c’est la chromatographie ce que j’aimerais c’est vraiment qu’il ait ce double effet c’est-à-dire d’abord qu’on soit frappé par la beauté de ces pollenes et qu’ensuite on se pose cette question c’est-à-dire de se dire c’est étonnant cette diversité dans de de voir ce qu’on ne voit jamais en fait c’est petit grain infime parce que ça veut dire grain de farine en en grec pollen ces petits grains qu’on ne voit pas qu’on évite potentiellement et qui tout à coup là sont avec nous parmi nous et et qu’on puisse être frappé par leur beauté à à eux
La pratique transdisciplinaire de Karine Bonneval propose des écologies alternatives pour respirer, bouger, écouter avec le monde végétal. En convoquant dans ses pièces la culture populaire et scientifique, elle invite les humains au “phytomorphisme”, pour vivre pendant un moment un temps partagé avec les plantes, en dialogue avec l’air, le sol, la gravité. Son travail l’amène à construire des projets rhyzomatiques qui impliquent des personnes d’univers différents issues des arts comme des sciences. À travers ses projets, elle s’intéresse aux rapports que l’homme entretient avec les mondes végétal et animal et aux traces invisibles laissées par nos échanges continuels avec la nature.
Pour l’artiste, le sol n’est pas une matière simple et inerte mais un monde en soi, complexe et organisé, associant de multiples espèces microscopiques, des nutriments, des minéraux en constante interaction. Ses recherches lui ont fait considérer les plantes comme des êtres vivants à part entière, à l’instar de ce qu’elles sont pour différentes cultures, et notamment celle des peuples habitant la ceinture tropicale entourant le globe.
Avec Karine Bonneval, le visiteur peut découvrir des chants dédiés au millet, au yucca ou encore au riz, admirer des plantes carnivores en sucre offertes au regard tels des objets de décoration ou encore se pencher sur de curieuses formes en terre cuite noire servant de “porte-voix” aux insectes. Rien n’arrête l’artiste quand il s’agit de faire écouter les élans de la nature ! Ainsi, chacune de ses propositions offre la possibilité de mieux en comprendre les divers habitants. Du compost grouillant de vie de son jardin au champ voisin appauvri par une culture intensive de céréales, en passant par le Jardin botanique de Berlin ou des quartiers de Colombo, au Sri Lanka, les expériences sont toujours volontairement menées dans des environnements très contrastés.
Dans ses expositions, Karine Bonneval n’hésite pas à placer un banc pour inciter le visiteur à une pause sensible et contemplative, propice à la réflexion. “En tant qu’Occidental, on a tendance à se penser comme étant au sommet d’une pyramide, dominant un peu tout le reste du vivant. Or les populations tels les Achuar viennent nous rappeler qu’il faut appréhender ce dernier dans sa globalité. Une position nécessaire pour penser l’écologie aujourd’hui”.
Pour sa nouvelle participation à la Saison d’art du Domaine de Chaumont-sur-Loire, Karine Bonneval présente Portées par le vent, larmes de pollen, une installation imaginée en collaboration avec le chimiste Nicolas Visez. Dans l’Asinerie, l’artiste met en avant la beauté des pollens, organismes microscopiques conçus pour transmettre la vie.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Karine BONNEVAL
FRANCE
Karine Bonneval est née en 1970 à La Rochelle. Après avoir été diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts d’Angoulême et de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, l’artiste a exposé en France, en Allemagne, en Lettonie, au Danemark, aux États-Unis, en Argentine et au Sri Lanka. Avec le scientifique Éric Badel (INRAE PIAF) et le Studio Décalé, elle a remporté la bourse de la Fondation Carasso “Composer les savoirs” en 2019. Elle était également lauréate de la résidence de la Fondation Grantham au Canada pour 2023.
En collaboration avec des équipes de scientifiques en écophysiologie végétale et pédologie, ses projets cherchent des façons d’interagir différemment avec le reste du vivant : Institut Diversité, Écologie et Évolution du Vivant et NeuroPsi, université Paris-Saclay/INRAe PIAF, Clermont Ferrand /LASIRE, université de Lille/LadHyX, CNRS-École Polytechnique/Rillig Lab, Freïe Universität Berlin/Soil and crops science section, Cornell University, États-Unis.
Karine Bonneval vit en région Centre-Val de Loire depuis 2010.