ANNE ET PATRICK POIRIER – “D’APRÈS NATURE”
[Musique] nous avons visiter et fait des des choses dans différents parcs que celui de chauon euh comme en Italie à Chelle et et nous sommes aussi des habitués de des sites archéologiques et des endroits où on reste assez longtemps et vraiment ce qui est incroyable c’est que à Chaumont ça réunit l’ensemble c’est un ensemble parce que il y a cette ce château et ce château qui est à la fois dans le jus de l’époque et à la fois avec des surprises absolument incroyable contemporaine le château lui-même est un espèce de bijou en so qui n’existe nulle part c’est très inspirant très inspirant parce que c’est plein de surprises euh c’est pas comme certains jardins à la française où tout est donné du premier coup d’œil d’une manière assez raide et géométrique là non c’est une il faut se promener il faut découvrir on a on a l’impression le visiteur a l’impression d’être un peu un explorateur et chaque fois chaque rencontre lui inspire des des réflexions différentes il y a une une pièce composée de trois mini architectures qui sont en bronze doré à la feuille posé sur cet abrevoir pour les chevaux qui est à l’entrée du domaine l’eau est très est verte c’est très la couleur est très belle avec l’or c’est une pièce qui est déjà ancienne que nous avons installé ici et que nous avions imaginé après un séjour au Guatemala sur un site archéologique en pleine forêt équatorienne qui s’appelle tical caractérisé par un nombre c’est un site maya qui n’a pas fini d’être fouillé parce qu’il y a un nombre considérable de de temples et de et de pyramides qui sont encore complètement pris dans dans la forêt tous ces temples sont formé d’escaliers plus ou moins vertigineux qui émergent en quand on les grimpe au-dessus de la forêt et alors on voit cette tout ce vert de la forêt à ses pieds on voit plus le le l’origine du temple et au retour de ce séjour nous avons fait toute une série de travaux sur le thème de de de l’ascension de l’escalier de la montée de la pyramide dans notre jeunesse nous avons vécu assez tous les deux séparé évidemment assez proche de l’eau et de de l’eau dormante ou de l’eau d’une rivière ou la mer et donc donc on a eu envie de donner à ces architectures ça peut être des des navires ça peut être des bateau en même temps et et le reflet est très important parce que il complète la forme d’une autre manière brouillé l’eau est un élément très très important pour nous une grande partie de nos travaux est en maquette en modèle on appelle ça des construction on est né pendant la guerre et on a vécu dans les ruines on a envie que le spectacle se se réduisent lui-même et là deviennent l’habitant il devient lui aussi peut-être un petit acteur minuscule à l’intérieur de de de il monte les marches il domine l’eau et cetera qui se raconte des histoires et que ça c’est le propre de la miniature de de de la maquette c’est que on est obligé de se réduire et c’est pour ça que c’est toujours fascinant ça vous permet de rentrer à l’intérieur mentalement à l’intérieur de l’œuvre nous vivons à la campagne nous avons deux anânes qui s’appellent Romulus et rus donc on a eu on a pensé peut-être qu’on pourrait les amener parce que finalement céit là parce que chez nous il y a même pas une asinerie donc alors puis finalement bon on a quand même un peu abandonné cette idée parce que c’est quelque chose qu’on a en tête depuis assez longtemps l’exploitation de certaines fleurs parler hollandais c’est une économie qui est devenue énorme et vous trouvez des des roses bleus des enfin tout est mélangé et c’est raide c’est froid nombre contre la qualité donc et ici c’est tout à fait l’inverse donc tout ça ça ça a germé et on a dit bon ben oui on va parler de ça des choses qui finalement vont pas bien c’est c’est l’envers l’envers de chaumon donc on a mélanger des petits paysages de sites archéologiques historiqu qui sont dessinés mais qui sont qui sont en ruine alors qu’ici c’est sublime et et super bien entretenu des visage par moment d’enfants qui sont effrayés par ce qui se passe et des fleurs comme des tulipes gueule de loup une pensé enfin à glayul enfin toutes les choses qui sont utilisées par le les supermarchés et on a pensé faire une expérimentation en lithographie ce qu’on avavait jamais fait ce sont en fait des grandes litthographies sur des toiles qui sont peintes et qui sont peintes d’une manière très traditionnelle à la tempéra avec une tempéra faite à l’œuf enfin c’est un dessin aussi en lithographie qui est quand même revenir à une technique qui existe depuis très longtemps sur une technique de de peinture qui existe depuis très longtemps et euh avec un caractère quand même très contemporain il y a toute une série de petites images au fond qui sont des photographies qui sont transférées sur porcelaine ce sont des photographies que nous avons pris dans la serre qu’ensuite on a fait transférer sur porcelaine quelquefois recadré et cetera et qui forme des en elle-même chacune un petit tableau euh la technique de la porcelaine de la photo sur porcelaine nous l’avions employé depuis nos premiers travaux à la Villa Médicis en utilisant les artisans qui faisaient les photos les les portraits des des défunts pour les cimetière alors la spécificité de cette technique c’est que ça résiste absolument à l’agression du soleil de la pluie de de sauf évidemment si on les casse mais même si on les casse on peut les recoller et la preuve est que dans en archéologie on retrouve des pièces chinoises de de de mil an d’âge au fond des mers elles ont pas bougé elles sont en sont cassées mais on peut absolument lire les motifs l’image ne se détruit pas l’image reste toujours et il y a l’idée de fragilité si elle est brisée mais on peut on se dit pas bah c’est plus rien quoi c’est voilà il y a aussi une au centre une petite pièce qui est faite en broderie d’après une photo prise dans la serre à une orchidée prise dans la serre qui a été brodé par une jeune brodeuse bretonne absolument géniale ce qui qui qui est capable de faire un ce qu’on appelle un tableau à l’aiguille la peinture à l’aiguille et en plus elle est légèrement en relief comme un vrai pétale comme une vraie fleur et elle est posée sur une moire noire qui l’a fait ressortir et qui donne aussi un autre regard sur sur chaumon sur sur les fleurs et sur les fleurs de chaumon eté et donc voilà c’est une espèce de ce sont trois regards sur Chaon
Dans une série inédite d’une quinzaine de photographies de fleurs et de plantes exotiques choisies dans la serre du château et tirées en couleurs sur porcelaine, Anne et Patrick Poirier dressent un portrait de la nature, plaisant au premier regard, mais portant une critique sous-jacente du détournement contre-nature de sa beauté. Un second ensemble constitué de six peintures nouvelles également et très colorées, alliant tempera et lithographie, reprennent les motifs de fleurs banales (tulipes, pensées, gueules de loup…), cultivées industriellement à partir des années 1970. Il complète ce panorama d’une nature belle mais menacée par un consumérisme qui fragilise son équilibre et celui de l’humanité. Cette évocation d’une nature dominée est antinomique avec la pensée de Francis Bacon (1561-1626), philosophe, homme de science et d’état anglais, qui affirmait que “la nature, pour être commandée, doit être obéie”. C’est, à dessein et sous forme de clin d’œil, que les artistes ont fait tisser cette maxime sur un long et étroit tapis de laine, soie et fibre de bambou. Il a pour pendant un deuxième tapis avec le cri de colère prémonitoire de celui qui est aujourd’hui considéré comme le père de l’écologie, Henry David Thoreau (1817-1862), naturaliste, philosophe et poète américain : “Ah oui vous pouvez parler de paradis, vous qui déshonorez la terre”. Anne et Patrick Poirier ont inventé une sorte de jardin d’après nature en écho à la beauté du Parc tout en ouvrant à une lecture multiple qui sollicite la mémoire, sujet que Mary Carruthers a remarquablement traité dans son livre Machina Mémorialis ; méditation, rhétorique et fabrication des images au Moyen Âge. Elle y cite l’historien et philosophe italien du XIIIe siècle, Boncompagno da Signa : “Il déclare que la memoria, instrument grâce auquel les hommes comprennent le temps, nous permet de nous souvenir des choses passées, d’embrasser les choses présentes et de contempler les choses futures à travers leur ressemblance avec les choses passées”.
Dans le pédiluve, Mundo Perdido (1983-2020) est un ensemble de trois architectures en bronze doré à la feuille inspirées par le site de Tikal au Guatemala.
REPÈRES BIOGRAPHIQUES
Anne et Patrick POIRIER
FRANCE
Anne Poirier est née le 31 mars 1941 à Marseille et Patrick Poirier le 5 mai 1942 à Nantes. Ils demeurent aujourd’hui à Lourmarin dans le Vaucluse. Après des études aux Arts décoratifs de Paris, ils sont pensionnaires à la Villa Médicis de 1967 à 1972. Dès le début de leur séjour, ils décident de travailler ensemble et de mettre en commun leurs idées et leurs sensibilités.
Anne et Patrick Poirier sont de véritables voyageurs de la mémoire, qu’ils considèrent comme la base de toute intelligence entre les êtres et les sociétés. Ils explorent des sites et des vestiges provenant des anciennes civilisations grecques, romaines, mayas ou indiennes et les font revivre à travers des maquettes et des reconstitutions à échelles réduites. Ils sont à la fois sculpteurs, architectes et archéologues. Ils s’intéressent à la psyché dont ils ne cessent, à travers diverses métaphores, d’essayer de comprendre les structures.
En s’inspirant des récits de la mythologie et à travers l’exploration de cités réelles ou imaginaires, l’œuvre qu’ils élaborent à deux est une métaphore du temps et de la Mémoire. Passé et futur y sont étroitement mêlés, nous donnant à voir la fragilité des cultures et des êtres.
En France, ils sont représentés par la Galerie Mitterrand, Paris, et, en Italie, par la Galleria Fumagalli, à Milan, ainsi que la Galleria Studio G7, à Bologne.