Rencontres, nature et aventure en Hautes-Pyrénées | Outsiders

    Piment d’Espelette… Vous êtes aficionado ou quoi ? J’ai toujours vécu à fond mes passions la danse et l’aventure
    aux quatre coins du monde. Et puis Chilowé m’a proposée une mission : partir à la rencontre de celles et ceux qui font vivre leur territoire
    à travers le goût… Celui de la terre, du geste… Le goût du brut ! Des passionnés ancrés, convaincus, libres ! Moi c’est Alex. Bienvenue chez Outsiders ! Les Hautes-Pyrénées, territoire niché au cœur de la chaîne
    des Pyrénées, dessiné par des vallées sauvages, des canyons, des chemins qui grimpent
    entre les pics, des torrents glacés ! Et cette union sacrée entre le versant nord et le versant sud, la France et l’Espagne. Notre roadtrip commence
    dans la vallée d’Aure, à Tramezaïgues,
    un petit village blotti sous la montagne. C’est là que je retrouve Stéphane Lapeyre. Il y a ouvert son restaurant L’Ors,
    avec Chloé François, sa compagne herboriste. “L’Ors”, ça veut dire “l’ours” en patois, symbole de force, de liberté et de caractère. Les assiettes de Stéphane,
    il les compose d’ingrédients sourcés localement chez les artisans
    et les producteurs de la vallée qui sont pour
    la plupart des potes de toujours. Il est tellement jusqu’au-boutiste
    que même le poivre a été troqué par du piment d’Espelette. Dans chaque plat, on a un petit bout de montagne
    et des gens qui la font vivre. On part à la rencontre de ces Outsiders pour récolter des saveurs,
    un peu comme une chasse aux trésors. A la fin du voyage, Stéphane les rassemblera autour
    d’un festin cuisiné en pleine nature. On s’enfonce dans la vallée du Rioumajou trait d’union depuis des siècles
    entre la France et l’Espagne. Avant la construction du tunnel d’Aragnouet, c’était par ici que passaient bergers,
    commerçants et contrebandiers. Encore aujourd’hui d’ailleurs, on y croise
    les marcheurs du chemin de Compostelle… L’hospice du Rioumajou c’est le symbole de
    ce devoir d’hospitalité qui existait
    sur chaque versant de la montagne. Mais pour Stéphane, ce refuge,
    c’est d’abord une histoire de famille… On a un lien étroit
    avec la vallée du Rioumajou où on est là… puisque mon père l’a tenu
    pendant une vingtaine d’années et quand il est parti à la retraite,
    j’ai pris la suite derrière lui. Dix ans passés ici, au cœur de la vallée,
    ça marque. Stéphane y a appris la simplicité,
    l’accueil, la vie dans la montagne, celle qu’on cueille,
    qu’on chasse, qu’on cuisine. Comme l’ours :
    un vrai chasseur-cueilleur. Chloé nous
    emmène vers ces terrains secrets, là où poussent les plantes sauvages
    qui parfument leurs assiettes. Herboriste, elle connaît chaque plante,
    chaque odeur, chaque saison. Avec Stéphane, ils récoltent les herbes
    et les baies sauvages qui donnent à la cuisine de “L’Ors” ce goût unique. – Il y a de la pimprenelle.
    Ça a un goût de concombre. Tu vois là, se cache dessous de l’oxalis… C’est un petit trèfle des bois bien acide
    et qu’on met souvent sur les assiettes. – En deuxième partie ça fouette quoi !
    – Tu peux tout prendre d’un coup. Je ramène toutes ces herbes,
    ces plantes, ces baies, toutes ces choses
    qui peuvent donner du goût et le rôle de Stéphane,
    c’est d’en faire quelque chose de bon. Des arômes qu’on cueille jusqu’à l’isard
    que Stéphane va chasser lui même, c’est vraiment ça qu’on retrouve
    dans la cuisine de Stéphane et Chloé : de l’authentique, du local
    et surtout du sauvage. Moi qui ne mange plus de viande
    depuis des années, ça me bouscule. On quitte la vallée du Rioumajou pour celle du Louron. Direction la Neste. C’est la rivière alimentée
    par les grands sommets frontaliers. Et dans cette eau
    d’une pureté exceptionnelle, vit la truite, la reine des rivières. (Salut !)
    je retrouve Damien, un guide de pêche connu
    comme le loup blanc dans toute la région. A la fonte des neiges,
    ce pisteur secouriste range ses skis pour passer ses journées dans l’eau
    avec son fidèle équipier Arreau. Pour lui, la pêche, c’est bien plus
    qu’un métier, c’est un art de vivre. – Je t’emmène dans mon jardin. – Génial ! – Donc toi Damien tu pêches
    la truite ici ? – Oui, il y a uniquement de la truite fario. C’est de la truite
    endémique des Pyrénées. C’est la truite
    avec les points rouges et noirs. Je suis hyperactif,
    je ne tenais pas en place déjà sur une chaise d’école, et j’avais
    ce besoin d’aller au bord de l’eau le soir, ça m’a toujours apaisé; même si ça ne mordait pas,
    que je n’attrapais pas de poisson, il y a toujours eu ce mystère de :
    qu’est ce qui vit dans cette rivière ? Partout où on a été en vacances,
    partout où je vais, je suis obligé d’aller voir ce qu’il y a dans l’eau, me pencher
    au dessus d’un pont, voir ce qui y vit. Je suis tous les jours dedans,
    avec des débutants, même des gens qui pêchent très bien,
    pour faire du perfectionnement. Donc j’y passe beaucoup, beaucoup d’heures.
    Je passe plus d’heures là que chez moi ! J’adore l’énergie hyper positive
    de ce fou de nature. Il vit pour partager son savoir-faire. On sent chez lui
    une vraie envie de rendre la pêche accessible à tout le monde,
    même à moi, la parfaite débutante. Hopla ! Alors là, je vais aller l’accompagner. – Trop stylé ! Hopla ! Magnifique ! Alors déjà il faut se mouiller les mains
    avant d’attraper le poisson Parce que nous, on les brûle, On a la peau hyper chaude.
    Elles sont dans des eaux à 12 degrés. – Ouah elle est belle ! – Et là on a une belle truite fario
    du Louron. Typiquement points rouges les points noirs comme je te disais,
    le liseré blanc en dessous. C’est un très beau poisson. – Et là, elle a recraché son petit hameçon qui finalement n’est par un hameçon,
    à proprement parlé…. – C’est une imitation de larve et sur un hameçon,
    un hameçon sans ardillon. – Sans ardillon et donc c’est pour ça que… ça repart direct quoi… – Alors mon loulou, tu les connais celles-là ? Allez, on va la remettre à l’eau. – Ah oui, je vous ai pas dit… Damien a un petit principe bien à lui
    et je crois que ça ne va pas nous arranger pour le plat du chef. – Alors oui, Stéphane, il le sait. c’est un ami à moi, il le sait, les truites c’est mes copines et je suis incapable de tuer le poisson
    pour le manger. J’en ai tué beaucoup, petit, et j’ai changé
    et j’ai évolué avec le temps. C’est compliqué pour la truite,
    tu vois… On a des crues… Il y a quand même des phénomènes climatiques
    qui font qu’elles ont la vie dure. Le milieu ne produit pas
    assez pour dire : Tiens ce soir je vais à la rivière,
    je me fais six truites, demain j’y retourne, je me fais dix truites…
    ça c’est pas possible. Je réalise à quel point
    la rivière et ses truites ont façonné chez Damien
    une vraie philosophie de vie. Plus qu’une technique de pêche, en fait, ce qu’il enseigne, c’est
    une autre façon d’approcher le vivant. Chapeau l’artiste ! Le soir, ça continue “Chez Rogé”,
    le plus vieux et mythique bistrot des Pyrénées où toutes les générations
    se retrouvent pour chanter, manger et célébrer la vie. Vous savez, le bar,
    ça fait 107 ans qu’il est ouvert. C’est la même famille, la famille Rogé
    qui tient ça depuis plus de 107 ans. Donc il y a mon arrière -grand-mère,
    ma grand-mère, ma mère, moi. Tu peux pousser la porte,
    si tu veux chanter, il n’y a pas de souci, t’as pas besoin de demander au patron… Tout le monde se retrouve
    parce qu’ils savent qu’on chante ici donc on partage un bon moment. Toutes les générations ici
    chantent les chansons de la vallée. A l’école, on intervient
    pour leur apprendre… Ah oui, oui, c’est demandé… et après ça se sait dans les familles, c’est une transmission. Quelque part, ça fait partie de notre quotidien,
    mais de notre patrimoine aussi. Dans un coin de la salle,
    il y a la doyenne de la famille Rogé. Elle me parle du temps d’avant,
    de son mari, de ses pasteras, ces crêpes à la pomme
    qu’elle prépare encore pour les copains. Cette femme me touche par sa douceur
    et surtout par sa générosité. Je commence vraiment
    à avoir un coup de cœur pour ces Pyrénéens… Salut les gars ! – Alex, enchantée.
    – Pierre Pierre Fortier ou “Pierrot”, c’est l’ami d’enfance de Stéphane,
    notre chef. Cet enfant du Pays d’Aure
    a quitté sa vie de moniteur de ski pour se consacrer entièrement
    au maraîchage dans la ferme familiale. Son truc, c’est de tout faire à la main,
    sans mécanisation, sans énergie fossile. Un vrai puriste… – Je vois que t’es pieds nus… – Oui – T’es toujours pieds nus ? – Quand il fait plus de six degrés. – Ah oui, d’accord, OK ! A partir de six degrés… – Ça fait mal. Ici, on goûte tout, directement dans les jardins. – Là, tu vas t’en mettre partout,
    mais tu peux la croquer si tu veux. A chaque bouchée, je croque
    l’énergie et tous les efforts que Pierrot met dans son potager. – Un régal ! Adepte de la microbiologie
    depuis le début de sa nouvelle vie, Pierrot travaille sans relâche
    pour rendre son sol exceptionnel en attirant tout un tas de micro-organismes
    qui peuplent la terre de sa ferme. Résultat : un sol vivant
    qui donne des légumes plus généreux, plus résistants et surtout plus savoureux. Sa production fait le bonheur
    des habitants de la vallée et surtout de Stéphane
    dans son restaurant “L’Ors”. – Ça a été évident qu’on travaille ensemble. Il est jusqu’au-boutiste
    et il déroge jamais. Quand on mange un légume de chez Pierre,
    on sait que tout est nickel. Tout a été fait comme il faut. “El pepper !” Piment d’Espelette… – Vous êtes aficionado ou quoi ? Tu vas avoir le goût du poivron
    et puis après ça commence à chauffer un peu… – Mais il fait déjà 50 degrés là ! Pourquoi j’ai dit “oui” ! Moi ça me file le hoquet Qui veut de la carotte ? Pierre fait tout à la main. Un vrai couteau suisse. Il fabrique même sa propre ficelle
    en chanvre pour éviter d’utiliser celle de l’industrie
    imprégnée de produits chimiques. Il nous présente son ami Yann,
    un talentueux tourneur sur bois. C’est lui qui conçoit tous les beurriers
    en buis du resto de Stéphane, Avec son esprit ingénieux
    et un peu d’inspiration piochée sur un marché marocain, il a transformé un vieux vélo
    en une machine unique pour tourner le bois. L’arc fabriqué par Pierrot et Yannou. – Tu es prêt ?
    – Allez Allez !! Chez Pierrot,
    tout se termine avec le verre de l’amitié. Un grand merci pour cette dégustation
    légèrement épicée dont je me souviendrai longtemps. On quitte la vallée d’Aure pour attaquer une ascension
    mythique : le col du Tourmalet. Rien que son nom, ça fait vibrer
    tous les cyclistes du monde. Il y a ces lacets qui racontent un siècle d’exploits,
    de sueur, de liberté. Chaque virage respire
    la passion du cyclisme. Par tous temps et pour tous les âges. De l’autre côté,
    un autre royaume s’ouvre à nous : la vallée de Gavarnie. Ici, l’eau est la grande architecte
    de ce territoire. En arrivant
    dans le cirque de Gavarnie, on a l’impression de rentrer
    dans un décor inventé pour les contes. Un cirque immense. Des murailles de pierre hautes
    comme des cathédrales. Et au milieu, il y a cette cascade géante
    qui dégringole de la frontière franco-espagnole. C’est la plus grande cascade de France et c’est surtout elle qui façonne toute la vallée, les pâturages, les chemins et peut-être même le caractère
    bien trempé des habitants. Geronimo !! En redescendant
    de Gavarnie, je ne pouvais pas manquer de vous parler du gâteau à la broche,
    la spécialité de la région. Et pour ça, direction chez Francis,
    un vrai original. – Bonjour !
    – Bonjour – Je suis Alex
    – Francis – Enchantée – Bienvenue dans un autre temps Avec ses vieilles voitures, ses bricolages
    en tout genre et son regard malicieux, on a cuit le gâteau avec lui. La base, c’est à peu près
    un quatre-quart… Et ça c’est exclusif à nous :
    c’est parfumé avec une compote de fruits – D’accord qu’on fait confire à base à base d’orange, citron, vanille
    et poudre d’amande. Mais c’est pas bon. – Ah ouais ?
    Pourtant ça a l’air pas mal quand même… Il va être beau notre gâteau, Francis. La session de tournage
    a rapidement viré au sauna… J’ai chaud ! C’était épique ! Vous avez déjà vu quelqu’un “décôner” ? C’est bien un cône non ? On est payé pour décôner,
    vous vous rendez compte ? Merci Francis. – De rien Je suis sûr qu’il est incroyable – Moi je fais pareil Après le gâteau à la broche,
    on avait besoin de digérer. Rien de mieux qu’un plongeon
    dans les eaux vives de Gavarnie. Mais pas n’importe où. Une portion engagée du gave
    réservée aux kayakistes confirmés Avec Lucas, un gars de la vallée
    qui connaît le torrent comme sa poche, je m’équipe. Je fais la maline,
    mais en vrai, je flippe. Le but, c’est simple :
    prendre un bon shoot d’adrénaline et peut être aussi
    découvrir un endroit sauvage où peu de gens se sont déjà aventurés. – Bienvenue dans les gorges de Luz ! – Incroyable ! – C’est magique. – Là, c’est un petit bijou des Pyrénées. Ce “bijou”, comme dit Lucas, il a été sculpté par l’eau de Gavarnie
    depuis des siècles. Et moi, cette session,
    je ne suis pas prête de l’oublier. Bienvenue en Pays Toy ! Juste au-dessus, il y a Luz-Saint-Sauveur. Ce village est connu pour être
    une étape mythique du Tour de France et c’est surtout le lieu de naissance
    de la Distillerie de l’Occitanie. Ici, l’eau de Gavarnie
    prend une autre forme, celle d’un gin
    primé dans les concours du monde entier. – Salut !
    – Salut, Alex. Derrière cette aventure,
    il y a Loïc et Paul. L’un est Toy, un enfant du pays, l’autre, un ancien flic de Newcastle. – Toy, c’était un mot qui voulait
    dire “enfant” en patois “toya” parce que les gens étaient
    tous petits en fait. On appelle ça le pays Toy. Et toi aussi, t’es un toy ou pas Paul ? – Ah non, pas du tout ! – Tu es un toy adopté quand même ? – Un toy adopté voilà, oui, depuis 2011. Il y a quelques années,
    sans rien connaître au gin ni au whisky, ils se sont rencontrés
    et se sont dit qu’il manquait sérieusement d’une vraie marque
    d’alcool dans leur vallée. Après quelques litres de bière
    dans leur pub de Luz, et un stage d’apprentissage,
    la distillerie était née. Là, tu as un alambic
    de style portugais. C’est ce qui nous sert
    à faire le gin. – Le fameux Et très vite, les premières médailles
    ont commencé à orner leurs bouteilles. Pour eux, le secret du goût exceptionnel
    de leurs alcools, c’est avant tout
    l’eau de la cascade de Gavarnie. – Tu crois que c’est ça
    l‘ingrédient secret ? – Je dirais ça oui ! Et déjà, il vise plus haut
    avec un projet unique en France : faire vieillir du whisky en haute
    montagne. Selon l’altitude,
    les saveurs évolueront différemment. – Donc on va faire vieillir à la brasserie
    à 700 mètres. On va faire vieillir à l’hôtel du Cirque de Gavarnie
    à 1500 m. et au col du Tourmalet. Donc c’est un projet unique
    en France, ça ne s’est encore jamais fait. De Newcastle au pays Toy, leur histoire
    a le goût de la cascade et de la forêt. Nous emportons avec nous une bouteille
    de gin pour Stéphane afin qu’il mêle
    quelques gouttes à son plat lors de notre banquet final. Et notre route continue… Cap vers l’Españaaa ! De l’autre côté du tunnel, C’est le Sobrarbe, le versant espagnol
    jumeau des Hautes-Pyrénées. Même montagne. Autre accent. Ici, la frontière, c’est
    juste une ligne sur la carte. Depuis toujours,
    bergers et artisans passent les cols comme d’autres traversent la rue,
    partageant ainsi leur savoir-faire. On remonte le canyon d’Anisclo
    direction Nerin, un petit village perché au bout du monde, porte d’entrée
    du Parc d’Ordesa et Monte Perdido. Le spot est majestueux… Et c’est là qu’on retrouve Manolo,
    artisan du buis. C’est l’un des derniers d’une longue
    lignée à transformer ce bois précieux en objets du quotidien. Et aujourd’hui,
    c’est lui qui va fabriquer pour Stéphane un petit bijou de précision : un couteau à beurre
    100 % local. Direction le sous-bois
    pour une petite balade à la fraîche. Celui-ci est parfait sur
    la partie basse de son tronc. Pas de branche, pas de branche,
    pas de branche. C’est un buis parfait. Si on le coupe maintenant, ça prendra beaucoup de temps pour sécher parce que la sève est en haut. L’arbre,
    pour se protéger en hiver, fait descendre la sève
    dans ses racines. Depuis des siècles,
    on travaille le bois de buis pour en faire des cuillères,
    des louches, des couteaux à beurre… des objets simples du quotidien
    mais qui durent dans le temps. Dans les mains de Manolo,
    son geste raconte bien plus qu’un métier. Il incarne le lien ancestral
    entre la province d’Aragon et le comté de Bigorre Deux versants d’une même montagne
    qui depuis toujours échangent leur savoir-faire. Quand on polit beaucoup ce bois, le toucher ressemble à celui
    de la peau d’un bébé. C’est très doux. Je pense que c’est le meilleur bois. Il est impérméable à l’eau donc il n’absorbe pas les saveurs, ne s’assombrit pas C’est le meilleur bois. Pour moi, faire ce travail
    est une détente… Et je peux y passer cinq heures sans être fatigué. C’est un vrai moment de
    bien-être, de satisfaction de la pièce bien faite. Ce n’est pas un travail… c’est une véritable vocation. Autour du Parc d’Ordesa, le décor a vraiment des airs de western. Le Sobrarbe, c’est
    un joyau sauvage de l’Aragon. Cette terre bénie des dieux réunie les quatre couronnes
    de l’UNESCO, ce qui en fait l’un des territoires
    les plus remarquables au monde. C’est aussi un coin rêvé
    pour cultiver la reine des épices : le safran. Altitude, chaleur, sécheresse… Tout y est. Ce soir, nous avons été invités à dîner
    chez un producteur de safran pour partager un vrai moment
    de convivialité à l’espagnole. On va cuisiner ensemble,
    parler de “l’or rouge”, et savourer un des plats
    les plus emblématiques d’Espagne : la paella de marisco au safran. – Alex, enchantée
    – David, enchanté La paëlla, c’est un plat
    très ancien d’agriculteurs Ça se faisait dans les champs
    avec des viandes, des légumes. Nous, ce qu’on va faire aujourd’hui,
    c’est un riz de marisco aux fruits de mer. A l’origine,
    la paëlla, c’était le plat des paysans simple, généreux, convivial,
    toujours préparé en grand pour partager. Et sa touche magique,
    celle qui change tout, c’est cette épice qui colore
    et parfume le plat. Le safran, c’est un exhausteur de goût
    et un colorant. Et c’est très important dans la paëlla. C’est la reine des épices. Né au Moyen-Orient
    il y a plus de 4 000 ans, le safran a voyagé jusqu’en Espagne
    au temps de la civilisation arabe et la fleur d’azafran y a trouvé une terre d’accueil
    aux conditions climatiques similaires à celles de la Perse. Trois filaments par fleurs ceuillis
    à la main. 200 000 fleurs pour un kilo ! Autant dire que
    c’est l’or de la cuisine plus chère que la truffe
    et même que le caviar. En Espagne,
    on produit le meilleur safran du monde. Mais la production a beaucoup baissé
    parce que la main d’œuvre devient trop cher. Et c’est très compliqué à trouver. Ingénieur de formation, David
    travaille sur un prototype encore secret. Une machine qui faciliterait
    le prélèvement des pistils. Un moyen qui, selon lui, sauverait la filière menacée
    par le coût de la main d’œuvre. Oh là là, ça sent !
    Mais j’ai trop faim David ! La paëlla est prête. On s’installe à table avec Maria,
    la mère de David. C’est vraiment un honneur
    de partager ce repas dans cette ambiance
    si familiale et dans un décor de rêve ! Le vin local, les tomates du jardin, les gambas de l’Atlantique… Chaque saveur est vraiment révélée
    par le safran. J’ai jamais mangé une paëlla
    comme celle là. – Non mais David… – C’est un truc de malade hein ? – C’est un truc de fou ! Incroyable ! Gracias David et Maria pour ce dîner mémorable. Dès l’aube,
    on repasse sur le versant français de retour dans le Pays d’Aure. Les premiers troupeaux gagnent déjà
    les flancs de la montagne. Plus haut,
    des vautours planent en silence. Une carcasse ne doit pas être loin… Niché dans un sublime vallon
    réputé pour son pastoralisme, on rejoint le village d’Aulon
    à 1200 mètres d’altitude. Eulalie Blanchard nous attend. Éleveuse, fromagère,femme de tête… et gardienne d’un savoir-faire rare,
    celui du beurre de brebis que nous venons collecter
    pour la recette de notre chef Stéphane. Le 1ᵉʳ février 2015, il y a eu une avalanche
    qui a enseveli tout le bâtiment. Mes parents étaient dedans. Ils étaient en train de traire les brebis et ils sont sortis vivants, et ils ont tout
    perdu en l’espace de dix secondes. J’ai vu mes parents
    travailler là dedans pendant 30 ans. Quand ça c’est passé,
    je ne travaillais pas avec eux. Je n’étais pas du tout là dedans. Je l’ai fait aussi un peu pour eux
    je pense, parce que je voulais
    qu’ils continuent là dedans. C’est à ce moment-là
    qu’ils m’ont transmis leur passion. C’est parti ! Et avec cette passion,
    ils lui ont laissé un héritage rare : le goût du travail bien fait, la terre, le bio avant
    que ce soit à la mode. Et ce lien indéfectible
    entre troupeau et territoire. Les brebis d’Eulalie partagent la montagne avec l’ours, le loup,
    mais aussi les chiens errants. Plutôt que de s’y opposer, Eulalie fait partie de ces bergers
    qui apprennent à cohabiter. Elle travaille avec Illiès
    de la Pastorale Pyrénéenne qui forment les chiens de protection, les fameux patous. On travaille sur tout le massif pyrénéen. Il y a huit techniciens comme moi
    sur l’ensemble du massif. Et moi, je fais effectivement
    la sélection des chiots sur des portées avec des parents qui sont préalablement
    identifiés comme de bons reproducteurs. Et ensuite je viens placer les chiens
    chez les éleveurs qui font la demande et je participe à l’éducation
    et au dressage en donnant des conseils
    sur toute la vie du chien. Pour moi, ça tranquillise
    le troupeau, ça me tranquillise. J’aime beaucoup la façon dont
    on éduque un chien comme celui-là. Cet équilibre,
    façonné par des siècles de pastoralisme entre l’homme, les bêtes et la montagne,
    rend la terre vivante. Et forcément, c’est
    ce qu’on retrouve dans le lait d’Eulalie… – La particularité d’avoir un lait comme ça, c’est que j’essaie d’avoir le lait
    le plus riche possible en mangeant
    le plus diversifié possible. On a la chance quand même en montagne
    d’avoir plein de flores différentes. Vraiment… Et ça, ça impacte la qualité du lait
    et le goût du lait. Donc du coup, derrière,
    on peut faire du fromage… – avec un vrai goût de montagne ! – Et voilà Alex,
    ma belle cave… … d’affinage. Enfin, je pénètre
    dans le saint des saints : le coffre fort d’Eulalie. C’est ici que chaque semaine,
    elle affine ses fromages, les frotte, les retourne, sélectionne les moisissures
    qu’elle veut garder. Là, on est clairement dans du vivant. – Là je suis fière quand je fais ça… Tout le travail
    que j’ai mis en œuvre pour avoir ça… – Ce p’tit bijou là. Et puis il y a ce petit trésor,
    le beurre de brebis, un beurre blanc très fondant qu’Eulalie a créé juste
    pour le restaurant “L’Ors”. C’est vraiment étonnant… C’est très doux,
    c’est presque un peu sucré, on retrouve un peu le goût sucré là, Rien à voir avec le lait de vache. C’est beaucoup plus fin
    et ça a un goût de… Oui, ça a un goût de brebis quoi ! Ici, tout vit ensemble… Les humains, les bêtes, la terre,
    les moisissures et même les loups ! Eulalie, ses brebis et son patou
    veillent sur un pays vivant. Et nous,
    on a la chance d’en goûter un morceau. On est de retour chez Stéphane, au bord du Rioumajou,
    la rivière qui l’a vu naître. pendant que la truite de Damien continue
    son voyage dans la Neste du Louron, une autre a pris sa place
    sur la pierre d’ardoise. Ce soir, notre chef cuisine pour nous, pour eux, les Outsiders. Artisans du goût, du bois ou de la terre, personnalités engagées et sans compromis, vous êtes l’âme de ce territoire
    au sang mêlé façonné par des siècles d’histoire. Et ce plat… Hmmmmmm ! – Ah oui, tu me donnes la bequée carrément ? Il a le goût de toutes ces rencontres, ces émotions, ces trésors de la terre. Et qu’est ce qu’elle vibre cette terre, comme nulle part ailleurs. Jamais je n’aurais imaginé
    ressentir aussi fort cette sensation de bout du monde. Pas étonnant que les Pyrénéens
    y soient si attachés et qu’ils aiment tant la partager avec celles et ceux
    qui savent l’apprécier. J’espère avoir été à la hauteur. Merci les Hautes-Pyrénées !

    Avec Outsiders, Chilowé sort du cadre pour raconter la France autrement. Comment ? Grâce à celles et ceux qui font battre le cœur de nos régions et qui leur donnent leur âme, qu’ils soient artisans du goût, du bois ou de la terre, artistes, personnalités engagées et sans compromis. Des personnes qui ont un « truc en plus » et qui ont su faire un pas de côté.

    Rythmé par les visages, les virages, les kilomètres avalés et les bons moments partagés, ce road trip humain et joyeux vous promet 30 minutes de grand air, de vrai, de goût de brut, de vivant.

    Au programme de ce premier épisode dans les Hautes-Pyrénées :
    🔥 Des rencontres inspirantes et passionnantes
    🌶️ Du piment croqué à pleines dents
    🎶 Des chansons de comptoir
    🌿 Des paysages à couper le souffle

    💬 Dites-nous en commentaire quelle région explorer pour le second épisode.

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    Chapitres 🧭
    00:00 Introduction
    00:45 Stéphane Lapeyre & Chloé François|Restaurant l’Ors
    04:00 Damien Toussaint|Guide de pêche
    07:42 Chez Rogé|Plus vieux bar des Pyrénées
    09:13 Pierre Fortier & Yann Leclerc|Maraîcher et Tourneur sur bois
    12:46 Sur la route des cols
    13:14 Arrivée en Vallée de Gavarnie
    14:09 Chez Francis|Gâteau à la broche de Sia
    15:22 Lucas Theil|Kayakiste
    16:32 Loïc La Salle et Paul Dixon|Distillerie d’Occitanie
    18:43 Cap vers l’España !
    19:15 Manolo Latre|Artisan du buis
    21:42 David Mur|Producteur de safran
    24:40 Eulalie Blanchard|Ferme des Carlines
    28:53 Festin sauvage au bord du Rioumajou
    29:49 Danses et générique de fin

    #Chilowé #Outsiders #HautesPyrenees

    12 Comments

    1. Le problème avec ce documentaire c'est qu'on a qu'une envie, c'est partir directement dans les Hautes Pyrénées croquer dans tout ces produits avec ces chouettes personnes !

    2. Quel bonheur, tant pour les pupilles que les papilles (bien qu'il y ait un écran qui me sépare de ces sublimes ingrédients) 😍Tellement envie de sauter dans un train pour aller à la rencontre de ces Pyrénéens !

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