28 février-2 mars 1944 : les pendus de Nîmes.

    Il y a 80 ans jours pour jours au moment où sort  cette vidéo se sont déroulés des événements atroces   dont Nîmes entre autre a été le triste décor. Le 2 mars 1944, quinze personnes ont été sauvagement   pendues sur la voie publique par les SS, victimes  d’une impitoyable chasse à l’homme menée en  

    Représailles contre les maquis de la région. Qui sont les victimes de ce règlement de   comptes, et comment les événements se  sont-ils enchaînés pour en arriver là ?  C’est ce que je vous propose  de découvrir maintenant.  Chacune d’entre-elle, apposée sur les lieux mêmes  des crimes en trois endroits différents de Nîmes,  

    Rappelle les assassinats du 2 mars 1944. Mais Nîmes n’est que l’étape finale d’une   ronde meurtrière qui a débuté quelques  jours auparavant à Saint-Hippolyte-du-Fort,   aux premières heures du 28 février , lorsque  dans la nuit, des éléments de la division SS   Hohenstaufen s’installent  dans le château de Planque,  

    Avec pour ordre de « nettoyer »  le  secteur des maquisards qui s’y cachent.  Au petit matin, des convois  investissent la montagne.  L’un d’entre-eux roule en direction de Lasalle,  où les SS s’attendent à mettre la main sur des   résistants, des sympathisants, et des réfractaires  au STO, le Service du Travail Obligatoire. 

    Mais prévenues, les cibles ont le temps  de disparaître, et ce sont les polonais   du centre d’accueil n°67bis qui, soupçonnés  d’être des candidats au maquis, vont faire   les frais de l’expédition punitive. Quatre d’entre eux sont arrêtés,   et emmenés par les allemands. Un autre convoi est parti en direction de Driolle,  

    Au-dessus de Saint-Roman-de-Codières, lieu désigné  comme étant lui aussi un repaire de réfractaires   au STO et de volontaires pour le maquis. Au sein des trois fermes qui composent le   hameau, les allemands vont arrêter cinq jeunes  réfractaires et des membres des familles qui   les hébergeaient, les Ordines, des bûcherons  espagnols, et les Soulier, des agriculteurs,  

    Avant d’incendier les habitations. Un peu plus tard, c’est le mas des Fosses,   au-dessus de Colognac, cantonnement présumé  du maquis de Lasalle dirigé par René Rascalon,   plombier nîmois devenu fondateur et chef de  maquis, qu’un groupe de SS prendra pour objectif. 

    Pour s’y rendre, ils contraignent Fernand Soulier,  20 ans, arrêté quelques heures plus tôt à Driolle,   à leur servir de guide. Mais les lieux ont été   désertés quelques jours auparavant. Furieux, ils incendient l’endroit   et abattent froidement le jeune  Fernand d’une balle dans la nuque. 

    Les autres prisonniers sont amenés à  Saint-Hippolyte-du-Fort pour y être interrogés.  Les raisons restent floues, mais  c’est lors de son interrogatoire   que l’ordre de l’exécuter va tomber. A 11h du matin ce 28 février 1944,   le jeune Roger Broussoux, réfractaire au STO  âgé de 19 ans arrêté le matin même à Driolle,  

    Est sauvagement pendu à l’arche du  viaduc qui surplombe le pont de Planque.  Pendant ce temps, René Kieffer, 24 ans,  alsacien réfugié dans les Cévennes accusé   d’être un recruteur de réfractaires au STO pour  le maquis, est arrêté à son domicile cigalois.  Le lendemain 29 février, les  événements se précipitent encore. 

    Alors que vers 7h du matin les allemands se  préparent à quitter Saint-Hippolyte-du-Fort   avec leurs prisonniers de la veille,  une camionnette précédée d’une Simca,   en provenance de Ganges, se heurte au barrage  allemand positionné à l’entrée de la ville.  Après des échanges de coups de feu, les  véhicules s’engagent dans les rues de la cité,  

    Mais l’un est stoppé au coin de la rue du  Peirou et de la rue des Treilles, aujourd’hui   rue Roger Broussoux, l’autre sur le Plan. A l’intérieur, des maquisards du Maquis Bir-Hakeim   qui cherchaient à rejoindre le Mas de  Serret, en Ardèche, et ignoraient la  

    Présence des allemands à Saint-Hippolyte-du-Fort. Trois d’entre eux sont tués, dont Robert Rosse,   les autres se dispersent et se cachent. Ils ne seront pas retrouvés malgré les   recherches minutieuses des allemands, grâce au  sang-froid héroïque de patriotes cigalois et   de M. Monpeyssen, maire de la ville qui, sommé  d’identifier sa population rassemblée place de  

    La Canourgue, fera passer pour d’authentiques  cigalois tous ceux qui lui seront présentés,   même s’il ne les connaît pas. Vers 14h, les SS abandonnent leur   chasse à l’homme et quittent enfin la ville,  laissant derrière eux plusieurs cadavres.  Deux maquisards de Bir-Hakeim blessés par  balle, et, cachés jusque là, sont alors évacués  

    Vers l’hôpital Gaston Doumergue de Nîmes. Au même moment se noue un drame à quelques   encâblures de Valleraugue, plus précisément  à Ardaillers, petit village qui surplombe la   vallée de l’Hérault, où se cachent et  s’entraînent depuis novembre 1943 les   maquisards de l’école des cadres fondée par  le pasteur Laurent Olivès, dit « le Patron ». 

    Renseignés, les SS encerclent les  Ardaillers en milieu de mâtinée,   fouillant et pillant les maisons, interrogeant les  habitants, mitraillant sans relâche les alentours.  Mais alertés, les maquisards ont pris la  fuite vers le nord, à travers la montagne,   pour rejoindre la vallée de Cros,  de l’autre côté de la crête. 

    Les SS repartiront en emportant six prisonniers,  six habitants soupçonnés d’avoir aidé les   maquisards, et qui n’avaient pas cru bon devoir  quitter les lieux à l’arrivée des allemands,   en laissant derrière eux le cadavre d’Emile  Nadal, assassiné sur un tas de fumier.  Les prisonniers de Lasalle, Driolle,  Saint-Hippolyte-du-Fort et Ardaillers sont  

    Tous rassemblés à Nîmes dans la caserne Vallongue,  et interrogés pendant la journée du 1er mars.  « A vrai dire, on ne nous a pas maltraités »,  dira Fernand Nadal, rescapé de ce qui va suivre.  Le jeudi 2 mars, vers 15h, ils sont transportés  dans la cours de l’école de la Croix-de-Fer,  

    Où ils s’attendent à être fusillés. A quelques centaines de mètres de là,   des SS pénètrent dans l’hôpital Doumergue pour  récupérer les deux maquisards de Bir-Hakeim, qui   ont été dénoncés depuis Saint-Hippolyte-du-Fort. Entretemps, Fernand Nadal et son frère Joël,   arrêtés à Ardaillers, sont  libérés sans explications. 

    Vers 17h30, après un simulacre de procès,  treize des prisonniers présents dans la cour   de l’école sont embarqués dans un camion  où se trouvent déjà les deux biraquins.  La première station sera le viaduc de chemin  de fer sur la route d’Uzès où, vers 18h,  

    Six d’entre eux seront pendus devant de  nombreux témoins contraints à regarder.  La deuxième station sera le viaduc ferroviaire sur  la route de Beaucaire, à l’angle avec le boulevard   Talabot, où trois autres subiront le même sort. La troisième sera le boulevard Jean-Jaurès,  

    À l’angle avec la route de Montpellier, actuelle  avenue Maréchal Juin, où les six derniers seront   pendus aux arbres qui bordent ces deux rues. Chacun d’entre-eux portait une pancarte portant   cette inscription : « Ainsi seront  traités les terroristes français ».  Les protestations des autorités civiles et  religieuses de Nîmes ont fait que les corps,  

    Qui devaient rester exposés durant  vingt-quatre heures à titre d’exemple,   seront retirés le soir même vers 23h. Quant aux protestations molles de   l’état-major français, elles resteront sans  effet, les SS étant alors intouchables.  Ce sont ces mêmes SS qui vont orchestrer  le lendemain le massacre des Crottes,  

    Que j’ai relaté dans une vidéo dont vous  trouverez le lien en haut de l’écran.  Il faudra attendre 1953, et leur procès à  Marseille pour que deux des trois responsables   de ces exactions répondent de leurs actes. Le général Bittrich, commandant de la 9e SS  

    Panzerdivision Hohenstaufen, détenu en France  depuis 1948, qui sera condamné à cinq années de   réclusion, couvertes par ses années de préventive. Et le lieutenant Ernst Gutmann, condamné à vingt   ans de travaux forcés pour avoir ordonné  les pendaisons de Nîmes – ce qu’il a   toujours nié, et commandé le peloton  d’exécution au hameau des Crottes. 

    Il sera libéré au bout de quelques années. Les corps des pendus de Nîmes seront enterrés   à la sauvette, dans la nuit du 2 au 3 mars 1944,  dans un champ près de Jonquières-Saint-Vincent,   et ne seront exhumés qu’à la Libération. Quatorze corps identifiés, et un inconnu. 

    Il faudra près de dix ans pour identifier  cet inconnu comme étant René Kieffer,   l’alsacien de Saint-Hippolyte-du-Fort, qui n’avait  personne pour venir reconnaître sa dépouille.  Il est désormais enterré à Saumane. Les quatorze autres sont aujourd’hui   inhumés dans le carré des militaires morts pour la  France au cimetière du Pont-de-Justice de Nîmes. 

    Cette vidéo est à présent terminée. Si elle vous a plu, n’hésitez pas à liker,   à vous abonner et à activer les  notifications, mais surtout à la   partager largement sur vos réseaux sociaux  pour en faire profiter le plus grand nombre.  Je suis Frédéric Bertho, vous êtes sur  la chaîne « Ces portes qui donnent »,  

    Et en attendant de vous retrouver pour de  nouvelles aventures, sortez, poussez les portes,   et faites de belles découvertes. Bye bye

    Il y a 80 ans jours pour jours au moment où sort cette vidéo se sont déroulés des événements atroces dont Nîmes entre autre a été le triste décor.
    Le 2 mars 1944, 15 personnes ont été sauvagement pendues sur la voie publique par les SS, victimes d’une impitoyable chasse à l’homme menée en représailles contre les maquis de la région.
    Qui sont les victimes de ce règlement de comptes, et comment les événements se sont-ils enchaînés pour en arriver là ?

    PRINCIPALES SOURCES
    ◾ Les pendus de Nîmes, Mouvement de Libération Nationale, Fédération Gard-Lozère
    ◾ Au temps des longues nuits, A. Vielzeuf
    ◾ Les imprudents, O. Bertrand
    ◾ Aigoual-Cévennes, résistance et maquis FFI, Cdt Rascalon
    ◾ Histoire de Saint-Hippolyte-du-Fort, A. Peyriat
    ◾ Le maquis Bir-Hakeim, A. Vielzeuf
    ◾ Nimes (Gard), pendaisons publiques, 2 mars 1944,
    https://maitron.fr/
    ◾ https://museedelaresistanceenligne.org/
    ◾ https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

    RESEAUX SOCIAUX
    🔷 Facebook : https://bit.ly/3AHoRzp

    ME CONTACTER
    E-mail : cesportesquidonnent@aol.com

    Si le contenu vous plaît, n’hésitez pas à vous abonner et à activer les notifications !

    Share.

    7 Comments

    1. Un grand merci pour ce moment d'histoire. Je passe régulièrement par ces rues de Nîmes, et savoir ce qui s'y est passé ça change bien des choses. Je me souviens d'un film "93, rue Lauriston" avec Michel Blanc (notamment) qui m'a fait remarqué que je passais régulièrement devant un bâtiment parisien sans savoir ce qu'il était, le QG de la Gestapo française. Ce pays manque de plaques commémoratives (même s'il y en a déjà), et surtout explicatives (avec des QR code, pourquoi pas !)

    2. Un grand merci pour cette nouvelle enquête, toujours aussi documentée et richement illustrée. Un bel hommage qui tombe à point nommé ce 29 février, et un document de référence pour les Cigalois !

    3. Bravo encore une fois pour cette vidéo bien documentée avec petits effets de caméra qui collent au texte. Travail de mémoire indispensable par les temps qui courent.

    Leave A Reply