Mexique, sur la piste maya

    Trait d’union entre l’Amérique  du nord et l’Amérique latine,   le Mexique sépare les eaux du Pacifique  à l’ouest de celles du Golfe du Mexique,   côté océan Atlantique. Mexico est la  capitale d’une fédération de 31 états   peuplée par 103 millions d’habitants. Mexico  et sa périphérie forment une des plus vastes  

    Agglomérations au monde : 25 millions  d’habitants, la population du Vénézuela. La place centrale porte le nom  de “Zocalo” – en espagnol “le   socle” – en souvenir d’une statue inachevée.  Le quadrilatère est dominé par la cathédrale,   un édifice commencé à la fin du 16ème siècle  et terminé au début du 19ème seulement,  

    Ce qui explique la diversité de son architecture. Face à la cathédrale, le spectacle des danses   indiennes rappelle que l’endroit fut le  coeur de Tenochtitlan, la capitale des   Aztèques. Aujourd’hui reconstituée en modèle  réduit, cette ville fut rasée par Cortès,   le conquistador espagnol. Mexico naîtra  de ses ruines au début du 16ème siècle.

    Presque aussi large que la place, le Palais  National étire sa façade en pierre volcanique.   Le bâtiment a remplacé le palais de Moctezuma  II, un des derniers souverains aztèques. Sous les   arcades, les fresques de Diego Rivera, un célèbre  muraliste mexicain, racontent l’histoire nationale  

    Dominée par les Aztèques entre les 14ème et 16ème  siècles. Les Aztèques travaillaient les textiles,   et leurs artisans appartenaient à une classe  privilégiée. L’architecture de leur capitale,   en partie lacustre, impressionna  les Espagnols. Ceux-ci découvrirent   “des choses jamais vues même en rêve”,  selon le propre chroniqueur de Cortès.

    Néanmoins, Cortes fit détruire  la capitale. Il croyait être au   “royaume de Satan” parce qu’il avait vu  des sacrifices humains. Cette destruction   inaugurait l’ère de la domination espagnole  en Amérique. Au prix des pires exactions,   l’Espagne faisait de la religion un  redoutable instrument de conquête.

    Ironie de l’Histoire, c’est un prêtre, Miguel  Hidalgo, qui contribua à chasser les Espagnols   en lançant la guerre d’indépendance au  début du 19ème siècle. La souveraineté   du Mexique fut proclamée en 1813. Dix ans  plus tard, la République était instaurée,   mais les royalistes et les républicains se  déchirèrent encore pendant plus d’un siècle.

    A 2300 mètres d’altitude, la ville de Mexico  dépasse tous les records sous les ailes de   l’Ange de l’Indépendance, et notamment celui de la  pollution. Au milieu d’une énorme cuvette, les gaz   d’échappement stagnent dans un environnement où  l’air contient 30 % d’oxygène en moins par rapport  

    Au niveau de la mer. Le Paseo de la Reforma, un  boulevard long de 10 km, est entièrement régenté   par la circulation automobile. Mais quelle autre  solution dans une cité qui s’étire sur 60 km ? Les rues évoquent de lointaines villes  européennes dans la Zona Rosa. Malgré  

    Quelques références hispaniques, le quartier est  un des plus cosmopolites de Mexico. Il attire   les hommes d’affaires et les employés de bureau  cherchant la détente dans ce quartier branché.   On doute parfois d’être réellement à Mexico tant  les noms sont exotiques et tant la vie s’écoule  

    Paisible. Dans une ville oppressante où le simple  fait de respirer revient, dit-on, à fumer deux   paquets de cigarettes par jour, la verdure  de la Zona Rosa offre un bienfaisant répit. A quelques kilomètres au sud de la capitale  : la Place des Trois Cultures. L’architecte  

    Mario Pania y a marié une église baroque  espagnole à un ensemble de logements   dits « modernes ». Le tout domine les restes de  pyramides érigées bien avant l’époque coloniale. Au mois de décembre, des millions de Mexicains  affluent vers les deux basiliques dédiées à  

    Notre-Dame de Guadalupe. Ils font le déplacement,  parfois à genoux, pour prier la sainte patronne du   Mexique. Pour certains, le voyage peut durer  plusieurs semaines dans une ferveur intense. La première basilique fut construite au 16ème  siècle, mais un nouvel édifice en béton est   venu pallier la vétusté de l’ancien qui  s’affaisse. Notre-Dame de Guadalupe,  

    Une vierge à la peau foncée, serait  apparue à un Aztèque converti. Elle   lui aurait demandé d’élever une chapelle à cet  endroit précis. L’évêque incrédule demanda des   preuves. La vierge apparut alors une seconde  fois et fit pousser des roses sur la colline,   en pleine période de sécheresse.  L’évêque convaincu, décida la  

    Construction d’un sanctuaire dédié à la patronne  des indiens, des métis… et de l’indépendance. Autre quartier, autre ambiance autour de la  charmante place Santo Domingo où vécut une   indienne qui fut l’interprète, la maîtresse et  la conseillère de Cortés. Les arcades de la place  

    Abritent des dizaines d’écrivains publics  pas toujours débordés de travail. En effet,   plus de 90 % des Mexicains savent lire et écrire  une langue qui est, pour la plus grande majorité   l’espagnol. Le Mexique est d’ailleurs le plus  peuplé des pays de culture hispanique au monde.

    A côté des écrivains publics, les typographes  composent avec des caractères de plomb les   textes fraîchement rédigés que les  presses manuelles impriment aussitôt. Bien plus lourd que le plomb des imprimeurs,   le palais des Beaux-Arts en marbre de Carrare  s’est enfoncé de 4 mètres dans le sol instable. 

    A 30 km du centre, le même sol incertain  accueille la lagune de Xochimilco vouée jadis   aux maraîchers et aux fleuristes. Aujourd’hui,  une flotille d’embarcations appelées “lanchas”   promène les visiteurs à la recherche d’un  peu de fraîcheur sur les 150 km de canaux.

    Au Nord du palais des Beaux-Arts, la place  Garibaldi accueille les mariachis. Une des   tâches prioritaires pour ces musiciens  ambulants : adresser en chansons les   compliments ou les déclarations d’amour  que les timides n’osent faire ouvertement. La petite place au charme provincial ne doit pas  faire oublier que Mexico était la plus importante  

    Cité du continent américain lors de l’arrivée  des Espagnols. Sur le site de Teotihuacan, à   50 kilomètres au nord-est de Mexico, s’étend  une métropole pré-colombienne majeure sur les   plans religieux, politique et économique. Au  centre de la citadelle – autrefois sanctuaire  

    Et lieu d’habitation des prêtres – se dresse le  temple du dieu Quetzalcoatl, le serpent à plumes. Dominant la “Voie des Morts” : la  pyramide du Soleil, l’édifice le   plus imposant de Teotihuacan. Presqu’aussi  large à la base que la pyramide de Chéops,  

    Elle est beaucoup moins haute que le  monument égyptien : 63 mètres contre 144.   Selon l’étymologie du mot aztèque, Teotihuacan  désigne l’endroit “où les dieux sont créés”. Le palais du Quetzal-Papalotl est  dédié à un animal mythologique qui   emprunte ses traits au quetzal,  un oiseau d’Amérique centrale  

    Au plumage multicolore. Le batiment a  été construit avec la pierre d’organes. Au terme de la voie des Morts : la  pyramide de la Lune et son escalier géant.   Elle marque l’apogée de la cité aux  5ème et 6ème siècles de notre ère,  

    Une cité plus vaste que la Rome antique. A l’autre  extrémité de l’axe Nord Sud, autour duquel la   ville s’organise, le volcan Popocatepelt  soulève sa masse à plus de 5400 mètres. Au pied du volcan et au milieu d’une plaine  fertile – à plus de 2000 mètres d’altitude – la  

    Ville de Puebla doit sa notoriété à des rues  rectilignes et à une architecture coloniale   parfaitement conservée dans son austérité un peu  figée. Au 18ème siècle pourtant, l’art baroque y a   développé une variante excentrique, le “poblano”,  qui recourt aux faïences émaillées colorées. La Casa del Alfenique porte  le “poblano” et les azulejos  

    En triomphe. Le mot “azulejo” dérive de  l’espagnol “azul” qui signifie “bleu”. Elitiste et raffinée, Puebla est certainement la  ville mexicaine qui présente le plus de références   à la culture hispanique. Cela se vérifie par  l’originalité de son patrimoine, mais aussi  

    À travers ses nombreux musées et ses édifices  religieux qui ont dépoussiéré le style baroque. Les cendres volcaniques du Popocatepelt ont  fertilisé la terre de la région. La canne à   sucre y prospère, mais l’agriculture n’occupe  pas le cinquième de la population au Mexique.

    Premier port du pays : Veracruz, sur le golfe  du Mexique. Cortes y rencontra pour la première   fois une délégation de l’aztèque Moctezuma.  Le pétrole et le commerce en font aujourd’hui   un grand centre d’activité, axé notamment  sur les relations maritimes avec l’Europe. Veracruz a longtemps été la seule  ouverture du Mexique sur l’Europe.  

    La douane fut jusqu’au 19ème siècle une  importante source de revenus pour le pays. L’influence espagnole imprègne les bâtiments  officiels de Veracruz. La gare ne détonnerait   pas dans une ville de Castille ou de Catalogne.  Le style pompeux et les proportions spectaculaires   de la poste centrale conviendraient  aussi bien à une capitale comme Madrid.

    La plupart des villes du Mexique possèdent une  place centrale baptisée “Zocalo” par analogie avec   celle de Mexico. Les habitants s’y retrouvent à  l’heure de midi et pendant la soirée pour discuter   et se détendre. Le rythme de la journée le permet  car les repas se prennent tard, comme en Espagne.

    Sur la route de Xalapa, le Mexique culmine  au volcan de Orizaba à 5600 mètres. La ville   de Xalapa escalade plusieurs collines à 1400  mètres d’altitude. Les riches terres inclinées   et l’altitude moyenne sont favorables à  la production de café. Mais attention,  

    Ce n’est pas n’importe quel café ! ” Ici ce n’est pas le pays du café,   c’est le café ! Le meilleur café du monde ici  ! ” Le meilleur café du monde, sans doute,   mais aussi un des plus abondants. Le Mexique est  un des premiers producteurs mondiaux de café,  

    Mais sa production est en baisse. Les baies du  caféier sont cueillies selon un rite bien établi.  ” Le soir vers 4 heures, le contremaître passe  et ramasse toute la récolte de la journée”.  Chaque travailleur remet ainsi quotidiennement  au contremaître un sac de 50 kilos.

    Le café compte parmi les principales  denrées exportées. Les exportations de   produits agricoles ont toutefois  été divisées par 8 en 30 ans. Au Nord Ouest de Mexico, la ville de Querétaro est  fière de son aqueduc construit par les Espagnols   au 18ème siècle. La lutte pour la liberté  nationale s’organisa dans un cercle littéraire  

    Local. La proclamation de l’indépendance fut  avancée de quelques jours, car les Espagnols   avaient eu vent du complot, ourdi dans  une maison devenue repère de l’histoire. Tout au long de son histoire, le Mexique subit la   pression des grandes puissances. Celle des  Etats-Unis, mais aussi celle de la France,  

    Quand Napoléon III lui imposa Maximilien  d’Autriche comme empereur. Après trois ans   de règne, le souverain fut jugé dans  le théâtre de Querétaro puis fusillé. Le prêtre Miguel Hidalgo  avait été fusillé lui aussi   50 ans plus tôt. L’indépendance du Mexique fut  un long chemin semé d’épreuves et de sacrifices.

    Le sol riche en quartz reflète une lumière  exceptionnelle dans la localité appelée   San Miguel de Allende. Elle porte ce  nom en l’honneur d’un enfant du pays   qui commanda l’armée en lutte pour l’indépendance. Depuis les années 1940, de nombreux citoyens  nord-américains sont installés dans cette  

    Localité classée “monument national”. Pour  la plupart, ce sont des artistes peintres,   qui bénéficient d’un environnement  très favorable à leur travail. ” La lumière est magnifique ici, celle du  Nouveau-Mexique aussi, mais c’est particulièrement   beau ici, et il y a aussi la culture qui est  merveilleuse, les gens sont intéressants”.

    San Miguel de Allende a reçu du baroque espagnol,   en deux siècles à peine, quelques-unes de  ses créations parmi les plus … aériennes. En progressant encore vers le Nord-Ouest,   on atteint la ville de Guanajuato. La  cité est dominée par la statue de Pipila,  

    Le héros local de la Révolution. Guanajuato  signifie : « lieu valonné où vivent les   grenouilles ». Mais les grenouilles ont  fui depuis que le cours de la rivière qui   traversait la ville a été détourné pour permettre  l’installation d’un réseau de rues souterraines.

    A 2000 mètres d’altitude, Guanajuato  est établie sur un filon d’argent qui   fut exploité par les Espagnols dès le 16ème  siècle, et auquel la ville doit sa fortune. La cité a conservé des règles de convivialité qui   autorisent – paraît-il – les amoureux  à s’embrasser d’un balcon à l’autre.

    Les ruelles ombragées ne permettent pas le passage  des voitures. Résultat : sur les places désertes,   la quiétude de Guanajuato n’est jamais  prise en défaut, et les contractuelles   n’ont pas souvent l’occasion de sévir  dans une ville à l’échelle humaine.

    A 350 km de Mexico, Guanajuato doit à son  université une bonne part de son rayonnement.   Tout en étant décontractée, la localité  fait la part belle à la vie culturelle.   Celle-ci imprègne même le marché couvert  créé en 1910. Certains étals invitent les  

    Visiteurs à participer au festival de danse et  de théâtre consacré au père de Don Quichotte,   le célèbre écrivain espagnol Miguel de Cervantès. Le Mexique est presque quatre fois plus  grand que la France mais en kilométrage il   possède dix fois moins de routes. Malgré  tout, il est facile de rallier Morelia,  

    L’autre pôle culturel de l’Ouest, très prisée  à l’origine par l’aristocratie espagnole. A l’Ouest de Morelia, sur le lac  de Patzcuaro, émerge la petite île   de Janitzio dominée par la statue monumentale  d’un autre héros de l’indépendance. La région   était peuplée d’indiens Tarasques lors de  l’arrivée des Espagnols. Les Tarasques,  

    Qui avaient résisté aux Aztèques,  parlaient leur propre langue,   et leurs compétences artistiques variées  étaient réputées dans tout le pays. Les Tarasques sont aujourd’hui sédentarisés,   bien qu’ils vivaient jadis en nomades. Ils  ont gardé de cette époque certaines habitudes,   comme celle de préparer leur nourriture  pour plusieurs jours. Pour pêcher le  

    “pescado blanco” – le poisson blanc passé à  la friture, les méthodes restent artisanales. Une trentaine de villages sont installés  au bord du lac. Un lac dont le niveau   d’eau baisse régulièrement depuis le  terrible tremblement de terre de 1985. Plus à l’Ouest, avec 100 km de long,  le lac Chapala est toujours le plus  

    Grand du Mexique. Mais peut-être plus pour  longtemps car le niveau des eaux baisse,   ici aussi, de manière inquiétante. Les terres  arides couvrent aujourd’hui 40 % du pays. Les mariachis doivent leur nom à  l’époque française. Ce serait une   déformation du mot “mariage”, cérémonie  que les orchestres animaient en musique.

    Les mariachis auraient vu le jour à Guadalajara,   la deuxième ville du Mexique où la  bourgeoisie se flattait d’être francophile. Les couleurs des bâtiments de la ville semblent  déteindre sur les collines d’une région vouée à la   culture des agaves, dont le suc est à l’origine  de la fameuse téquila. Il existe 300 variétés  

    D’agaves, mais toutes possèdent la caractéristique  de ne fleurir qu’une seule fois. Après,   elles meurent. Il faut donc intervenir  avant la floraison pour récolter les agaves. Le cœur de la plante peut contenir jusqu’à  100 litres d’un suc aigre-doux qu’on laisse   fermenter ou qu’on distille.  Dans la localité de Téquila,  

    La distillation aboutit à deux alcools  forts : la téquila et le mezcal. ” Il y a plusieurs manières de  distiller, la téquila compte   51% de téquila pure et 49% de sucres  variés et d’autres éléments. Le mezcal,   c’est autre chose. On le fait  d’une manière différente.”

    L’agriculture était la spécialité  de San José de Vista Hermosa,   une hacienda construite pour Cortès par l’Espagne  en récompense de ses bons et loyaux services.   L’ancien domaine agricole a successivement  été transformé en monastère puis en hôtel. A une centaine de kilomètres au Sud de  Mexico, Taxco fut intégrée à l’empire aztèque,  

    Auquel elle paya un lourd tribut. La  localité avait des moyens énormes,   découverts par les Espagnols  et exploités par un aventurier,   José de la Borda au 18ème siècle. La ville est  en effet établie à proximité de filons d’argent,   qui ont fait du Mexique le premier producteur  de ce minerai au monde avec le Pérou.

    Après une longue période de déclin,  William Spratling, un citoyen canadien,   relança le travail de l’argent dans  les années 1930 en remettant au goût   du jour des modèles inspirés de l’artisanat  indien. La production n’a rien d’industriel. ” L’argent provient des mines qui se trouvent  en bordure de l’état. L’activité principale  

    Ici c’est la mine, le travail de l’argent,  l’orfèvrerie, car ici tous les travaux sont   réalisés à la main. On n’utilise pas de machine,  vous avez bien vu qu’ici tout est fait à la main.”  La fortune amassée dès le18ème  siècle permit d’élever l’église  

    De Santa Prisca, un chef d’œuvre baroque de style  “churrigeresque”, du nom des architectes espagnols   Churriguera, 3 frêres connus pour  la profusion de leur décoration. Pour se jouer du terrain  accidenté qui entoure Taxco,   il faut prendre un peu d’altitude. La voie  des airs, c’est la meilleure façon d’aborder,  

    Toujours plus au Sud, sur l’océan Pacifique,  l’ample courbe décrite par la baie mythique   d’Acapulco. Les Espagnols y avaient aménagé un  port dès la première moitié du 16ème siècle. Même à cette latitude, les eaux  du Pacifique ne sont jamais très   chaudes. La plupart des baigneurs  préfèrent la piscine, d’autant que  

    Des courants puissants peuvent entraîner les  imprudents vers le large à certains endroits. Le soleil tape dur, à Acapulco. Et le visiteur  décontracté risquait de se bruler les pieds.   Alors, la municipalité a prévu sur les  trottoirs un passage réservé … aux pieds nus.

    Le développement d’Acapulco est très rapide. Elle  compte plus d’un million et demi d’habitants,   et certains commencent à se sentir à l’étroit… Au large, l’île de la Roqueta protège de  la houle les plages de la Caleta et de la   Caletilla, deux plages familiales  plus calmes que celles de la baie.

    Le va-et-vient incessant des  marchands de coquillages ou   de souvenirs ne perturbe pas  la détente au bord de l’eau. Soudain, sur la côte rocheuse de La Quebrada,   un frisson parcourt les spectateurs  qui se massent au bord de la corniche. Des jeunes intrépides se livrent à un rituel  étrange après avoir escaladé les rochers.

    La foule retient son souffle… Et le plongeur s’élance… Les “clavadistas”, les “plongeurs en  piqué” s’élancent cinq fois par jour.   Ils choisissent le moment où une vague  hausse le niveau de l’eau. Mais la vague   peut les projeter sur les rochers : c’est  là que réside le vrai danger de l’exercice.

    Direction plein nord vers  la frontière des Etats-Unis.  Chihuahua est la capitale d’un état dont  la plus grande partie est constituée d’un   haut plateau voisinant les 2 000  mètres. C’est le plus vaste des   états de la fédération mexicaine.  C’est aussi l’un des plus riches.

    Deux fois par jour, le “Chihuaha al Pacifico”  – un train légendaire-quitte la ville en   direction du Pacifique pour un trajet de  600 km couvert en une quinzaine d’heures.  Pendant le voyage, les passagers  sont initiés à la culture locale …

    ” Nous arrivons à Annawak city, annawak en  indien, cela veut dire l’endroit autour de l’eau”.  Il faut traverser un haut plateau  herbeux uniforme avant que le paysage   ne change radicalement. A plus  de 2300 mètres d’altitude, Creel,   la bourgade située à mi-parcours, se trouve  sur le territoire des indiens Tarahumaras. “Demandez l’Heraldo de Chihuahua!”

    Creel a vu le jour avec la construction  de la voie ferrée. A cette altitude,   l’entreprise n’était pas aisée.  Le travail s’est prolongé pendant   une quarantaine d’années, à l’époque où  le pays luttait pour son indépendance. Creel se trouve à l’entrée de la “Barranca  del Cobre”, le canyon du cuivre …

    Le Pacifique est encore loin…  Il faut reprendre le voyage. Une forêt aux essences variées cerne le regard,   et des vallées s’ouvrent sous le ballast avant  la station El Divisadero. L’arrêt permet aux   indiens Tarahumaras de proposer  leur artisanat et les “tortillas”,  

    Ces galettes faites de maïs. Farcies avec de la  viande, les “tortillas” deviennent des “tacos”. Le canyon creuse une faille géante, sur une  cinquantaine de kilomètres. L’action conjuguée   de la pluie, du soleil et du vent y a façonné  la roche instable. Avec ses multiples découpes,  

    L’ensemble est quatre fois plus vaste  que celui du Grand Canyon du Colorado. Au fond de quelques vallées,  les Tarahumaras ont installé   un habitat sommaire derrière  des murs de pierres sèches. Les maisons rustiques ont séduit  un ingénieur du chemin de fer. “En 1924, l’ingénieur commenca à  travailler à la construction du  

    Chemin de fer et il s’installa dans cette  petite cabane avec sa famille. Avant,   cette cabane était occupée  par une famille Tarahumara”. Prochaine étape : le Pacifique. Les 40 ponts et 90 tunnels du trajet  laissent indifférents les voyageurs.   Le train descend progressivement  vers l’océan, jusqu’à Los Mochis.

    Los Mochis fait face à La Paz, sur  la péninsule de la Basse-Californie,   une étroite langue de terre allongée sur  1500 kilomètres. Le golfe de Californie   remplit la faille qui sépare le  continent de la Baja California. Dès le milieu du 16ème siècle, les Espagnols  déployèrent beaucoup d’énergie et envoyèrent  

    Leurs émissaires pour s’approprier  la Basse-Californie. Cortes lui-même   aurait failli mourir de faim sur cette terre  inhospitalière. Les pirates y trouvaient des   abris sûrs, d’où ils menacaient les cargaisons  des galions espagnols en provenance du Pacifique. De Tijuana, au Nord, jusqu’à l’extrême Sud,  une route traverse la péninsule et déroule  

    Son asphalte sans obstacles  – ou presque – sur 1630 km. Dans la baie de Magdalena, sur la  côte occidentale de la péninsule,   des baleines grises viennent se reproduire.  Les grands mammifères – naguère menacés de   disparition – ont quitté la mer de Behring au  Nord du Pacifique à l’automne. Au terme d’un  

    Voyage de 10.000 km, ils arrivent dans les  eaux territoriales du Mexique. On a compté   jusqu’à mille individus qui s’ébrouent  ici entre la mi-décembre et la mi-avril. Il faut franchir le tropique du Cancer  pour atteindre le Sud de la péninsule.   A Cabo San Lucas (san loucasse),  les pêcheurs ont une manière bien  

    Personnelle de ramener leurs barques sur  la plage… Un peu fatigués de leur métier,   ils ont décidé d’expérimenter  de nouvelles techniques de pêche ” Il y a partout une évolution de la pêche  commerciale vers la pêche sportive. On profite en   emmenant les touristes pêcher, ce qui nous  fait une source de revenus supplémentaire”. 

    Comme ça, même si on rentre bredouille  de la pêche, on n’a pas tout perdu… La “petite Acapulco” est dotée d’une plage  qui n’a que de lointains rapports avec la   grande : les voisins sont peu nombreux,  et quand il y en a, ils sont … discrets.

    Le territoire des Mayas occupait une bonne  partie du sud du Mexique. Pour y accéder,   on prend la direction de Oaxaca, pointée  par le geste de Benito Juarez. L’ancien   président de la République fit  dans la ville des études d’avocat,   habitant une humble demeure. L’ascension  du grand homme d’état fut un modèle.  

    En effet, il débuta comme domestique.  Et qui plus est, il était de pure souche   indienne : il appartenait à l’ethnie Zapotèque,  toujours présente dans la région d’Oaxaca. Les animaux en bois réalisés dans les environs  témoignent de la vitalité de l’artisanat autour  

    D’Oaxaca. La ville a conservé son cachet  colonial et un charme très provincial.   Les échoppes relaient de manière presque anodine,   le message des révolutionnaires les plus  déterminés, qu’ils soient voisins ou mexicains. Les influences indiennes et la foi catholique  fusionnent au Mexique à travers différents  

    Événements du calendrier liturgique. C’est le  cas, par exemple, lors de la fête du “Nino”,   la fête de l’Enfant, qui correspond à la  fête de la Présentation de Jésus au temple. ” L’enfant Jésus, 40 jours après sa naissance,  fut amené au temple, et aujourd’hui , 2 février,  

    40 jours après Noël, nous commémorons cet  événement.” L’église Santo Domingo de Oaxaca,   un édifice du 18ème, est la parfaite illustration  du style baroque au sommet de sa flamboyance.   Certains sont choqués par la splendeur de  certaines églises mexicaines de l’époque  

    Espagnole : il est vrai qu’elles ressemblent  davantage à des palais qu’à des lieux de culte. A quelques centaines de mètres à  vol d’oiseau : Monte Alban. Un site   qui fut le sanctuaire de différents groupes  ethniques à partir du 10ème siècle avant JC.

    A 2 000 mètres d’altitude, la place des  cérémonies est au centre des constructions   élaborées par les Zapotèques. Le terrain  consacré au jeu de balle – le “Juego de   Pelota” – est entouré de gradins qui témoignent  du succès de ce sport il y a … 3000 ans.

    Le monument dit des “Danseurs” est la partie  la plus remarquable de Monte Alban. Autrefois,   on pensait que les bas-reliefs  représentaient des danseurs ivres,   en raison de leurs postures  grotesques. Aujourd’hui,   on pense qu’ils reproduisent plutôt des  attitudes d’esclaves grimaçant de douleur.

    Un petit édifice, dont l’orientation ne correspond  pas à la symétrie des lieux, pourrait être un   observatoire. L’organisation du bâtiment devait  permettre de suivre le mouvement des astres.  Beaucoup de sites archélogiques mexicains  n’ont pas encore révélé l’intégralité de leurs   richesses, du moins officiellement. Car souvent,  lors de l’ouverture de tombes, les chercheurs  

    Constatent que les pillards – toujours rapides  – sont passés avant eux. Le trésor conservé au   musée d’Oaxaca provient d’une seule sépulture  de Monte Alban, heureusement intacte lorsqu’elle   fut découverte, en 1932, par des archéologues  mexicains. On y a répertorié près de 500 objets  

    Réalisés en or, en argent, en jade, en turquoise  ou en albâtre. Une découverte exceptionnelle. A 10 kilomètres de Oaxaca, Santa  Maria del Tule possède l’un des   plus gros spécimens de cyprès  au monde. Un tronc de près de   50 mètres de circonférence. Les enfants  y distinguent des têtes d’animaux.

    ” Là, une tête de lion” Les adultes eux aussi cherchent à  reconnaître des formes familières   sur un arbre qui depuis 2000 ans  est l’ami des enfants du village. ” Par ici s’il vous plait”. Par ici, bien au delà de la chapelle  enrubannée, s’étendent les montagnes  

    Du Chiapas, l’état le plus méridional  du Mexique à la frontière du Guatemala. Chiapa de Corzo fut la première localité de  la province conquise par les Espagnols. Au   milieu du 16ème siècle, un dominicain  construisit une monumentale fontaine   de briques, dont la forme s’inspire de la  couronne royale. La cité restera la plus  

    Importante du Chiapas jusqu’au 18ème siècle. La localité possède aussi une  spécialité artisanale : les objets   enduits de laque. La laque est  un liquide rouge brun produit   par certaines espèces d’arbres. Son  application est un travail d’expert. ” Maintenant on va mettre la dernière  couche, celle qui aura la couleur rouge,  

    Et on va frotter jusqu’à ce que’on  obtienne le lissé et le brillant parfait”.  Chiapa de Corzo est le point de départ d’une  spectaculaire randonnée sur le Grijalva , le   fleuve qui prend sa source au Guatemala. Les  embarcations se croisent au fond d’un défilé  

    Dont les parois atteignent 900 mètres de haut. Toujours dans le Chiapas, San Cristobal de las   Casas est l’une des cités indiennes les  mieux préservées de l’influence extérieure.   Deux ethnies mayas vivent dans cette région.  Elles constituent l’une des plus importantes  

    Communautés indigènes du Mexique : environ 110 000  Tzotziles regroupant 5 peuples différents et 100   000 Tzeltales issus de 5 autres groupes indiens.  C’est l’une des rares régions où la communauté   indienne connaisse une expansion démographique. Chaque jour, venus des villages avoisinants,   les artisans indiens se retrouvent sur  le marché pour y écouler les produits  

    De leur travail. Leurs réalisations les plus  remarquables sont les broderies tzotziles. La   technique utilisée, les motifs et les  couleurs remontent à la nuit des temps.  Dans les environs de San Cristobal, les  premiers villages Tzotziles se consacrent   à l’autre activité essentielle pour les  indiens : l’agriculture. Les habitants de  

    Zinacantan cultivent la terre du lever au coucher  du soleil sur de petits terrains communautaires,   ou parfois privées. La vie quotidienne  ici est surtout faite de dur labeur. Dans cette région habitée par les Tzotziles  s’écoulent les eaux de la cascade Agua Azul.  

    Pour les Indiens, elles sont le reflet du ciel,  dont elles suivent les humeurs changeantes. Après   les orages tropicaux, l’eau peut abandonner la  couleur turquoise pour celle du café au lait. Les   eaux tumultueuses remplissent alors les vasques  naturelles des alluvions arrachées à la forêt. Les Espagnols ont introduit l’élevage des bovins,  

    Dans un pays qui n’avait d’autres  animaux domestiques que le dindon   ou le chien. Les conquérants imposèrent aussi  leurs structures agraires organisées autour   d’immenses domaines. Malgré la redistribution de  terres aux fermes communales dans les années 1980,   le problème de la répartition des propriétés  agricoles est toujours posé. Cette question  

    Fut le détonateur d’une révolte qui  mobilisa les indiens du Chiapas en 1994. Villahermosa, à 900 km à l’Est de  Mexico, est la capitale de l’état   de Tabasco. Cette ville très étendue  a été fondée à la fin du 16ème siècle,   mais le patrimoine colonial a peu résisté à  l’urbanisation galopante. La localité bénéficie  

    Toutefois d’une situation privilégiée au bord  du deuxième fleuve du Mexique, le rio Grijalva. Dans un environnement tropical  et au milieu de lagunes,   le parc de La Venta réunit différentes  espèces de la faune d’Amérique latine.   L’ensemble a été créé pour mettre  en valeur une quarantaine de têtes  

    Monumentales attribuées à l’ethnie Olmèque.  Ces têtes colossales pèsent parfois 30 tonnes.   Elles sont réalisées en basalte. Une pierre  volcanique introuvable dans un rayon de 100 km… Les habitants des lieux ne se posent  pas de questions, mais le transport   de ces monolythes était une prouesse, pour une  civilisation qui ignorait la roue et l’attelage.

    Attention ! Certaines sculptures ne  sont impassibles qu’en apparence … Les traits africains caractérisent les  visages olmèques, témoins d’une des   plus anciennes cultures précolombiennes.  Mais cela n’impressionne guère le coati,   un mammifère carnivore d’Amérique du Sud. Sur un territoire qui englobe la presqu’ile du  Yucatan, à l’extrémité orientale du Mexique,  

    L’empire maya couvre 2000 ans d’histoire. La   ville de Merida cultive néanmoins des  influences culturelles plus récentes… Mérida porte le nom d’une ville du  Sud-Ouest de l’Espagne connue pour   ses monuments romains. En arrivant ici, les  Espagnols trouvèrent que les vestiges mayas   ressemblaient aux ruines romaines. Cela  n’a pas empêché les envahisseurs de les  

    Détruire. Ils donnèrent à la cité l’habituel  schéma géométrique avec des rues au cordeau. Plusieurs édifices témoignent de la prospérité de  la localité appelée parfois “La Ville Blanche”.   Le palais du Gouvernement fut construit à la place  de la résidence occupée par le représentant du roi  

    D’Espagne. A l’intérieur, des fresques racontent  l’histoire nationale. Une histoire dans laquelle   Meirda n’a pas été trop impliquée en raison  de la distance qui la sépare de la capitale. A 50 km de Mérida, les pêcheurs d’un port  aujourd’hui assoupi se souviennent de  

    L’activité débordante qu’engendrait le sisal, une  variété d’agave. Les feuilles sont composées de   fibres très résistantes dont les propriétés  sont connues depuis l’époque préhispanique. L’exportation de sisal, vers l’Europe  notamment, devint très importante à la   moitié du 19ème siècle, quand les fibres séchées  servaient à fabriquer ficelles ou cordages.

    La nature a repris ses droits sur  les anciennes terres de production   du sisal aujourd’hui envahies par l’eau saumâtre. Dans les villages du Yucatan, on n’est pas  riche, et l’accès au “modernisme” est très   limité … Mais il faut avoir à l’esprit que  la population indienne descend d’une des plus  

    Brillantes civilisations du continent américain.  La seule à avoir conçu une écriture ; les mayas. Les Espagnols ont brûlé les supports de  la littérature maya. Ils ont imposé leur   religion et leur calendrier liturgique, alors que  les Mayas avaient des connaissances scientifiques  

    Suffisantes pour élaborer leur propre calcul du  temps et la succession de leurs fêtes religieuses. A la l’extrémité est du Mexique, la ville de  Cancun est établie entre le Golfe du Mexique et la   mer des Caraïbes sur un cordon d’îles coraliennes  reliées entre elles. Au milieu des années 1960,  

    La station balnéaire d’Acapulco était  saturée. Les Mexicains imaginèrent de   la désengorger en créant l’équivalent sur la  côte Est. Pour arrêter le choix de l’endroit,   les responsables firent appel à l’ordinateur  qui tint compte de paramètres comme le climat,   les marées, les courants ou la  température de l’eau. Il fut tenu  

    Compte aussi des problèmes posés par  les communications et la logistique. Le résultat est là : Cancun est devenu le  principal centre de villégiature et de loisirs   du Mexique même si les jeux de balle n’ont  plus grand chose à voir avec ceux des Mayas. La ville compte aujourd’hui 600.000  habitants, une population qui peut  

    Doubler ponctuellement si l’on ajoute  les vacanciers ou les congressistes. Et l’extension géographique n’est pas  terminée. Les îles au large de Cancun,   comme l’île Mujeres, multiplient les liaisons  – par mer et par air – avec le continent. L’île Mujeres fut pendant des siècles le  repaire des pirates et des contrebandiers.  

    Certains constructions modernes évoquent  l’inclinaison des pyramides Mayas,   qui étaient construites, disaient-ils,  “à l’extrémité de l’arc en ciel”. Entre Cancun et Mérida, noyée dans la jungle  : Chichen Itza. Cette ville fut la plus   importante de la civilisation maya entre les  11ème et 13ème siècles de notre ère. La pyramide  

    Est dédiée au dieu Kukulkan, l’équivalent de  Quetzalcoatl – le serpent à plumes des Aztèques.   Elle était vouée au soleil, et son  temple servait aux grandes occasions. Le temple aux Mille Colonnes,  avec ses contreforts inclinés,   témoigne de l’influence des Toltèques,  qui arrivèrent plus tard dans les cités  

    Mayas. Le type de voûte appartenait  en revanche à la technique des Mayas. D’autres éléments décoratifs attestent  de la présence toltèque : le jaguar   ou l’aigle enserrant un coeur humain. Le jeu de balle de Chichen Itza est le plus  grand de toute l’Amérique centrale. Il fallait  

    Expédier une balle en caoutchouc à travers un  des deux anneaux fixés à 7,50 mètres du sol. Les joueurs, richement vêtus, ne devaient  utiliser que certaines parties du corps   pour atteindre leur objectif. La partie  opposait deux équipes de 7 joueurs. Le “Caracol” porte le nom de l’escargot en  espagnol, parce qu’un escalier en colimaçon  

    Permettait de monter au sommet. Le bâtiment  semble avoir été un observatoire astronomique. Le site n’a été abandonné que bien après  la période coloniale. Aujourd’hui encore   Chichen Itza permet d’approcher  une des civilisations les plus   marquantes d’Amérique centrale, et de  remonter aux origines de la piste maya.

    Un monde de cultures, de couleurs, et de démesure… L’équipe de Pierre Brouwers a sillonné le Mexique dans tous les sens afin d’en ramener une synthèse qui ne pouvait être que d’une densité inouïe. Tout en suscitant la rencontre avec les populations, le reportage est constamment à la recherche des trésors les plus représentatifs des civilisations qui marquèrent ce carrefour des Amériques. Entre l’observation des baleines au large de la Basse-Californie, les « plongeurs de la mort » d’Acapulco, les fêtes religieuses, les cités coloniales et les merveilles de Chichén Itzá, le film déroule une piste passionnante qui remonte aux plus beaux fleurons de la civilisation maya.

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    1 Comment

    1. 👍 Un des films de Pierre Brouwers que je préfère , avec ceux sur le Far West étatsunien et ceux sur l' Amérique du Sud . Mais l' avoir intitulé "Sur la piste Maya" est une erreur , les régions de peuplement maya sont marginales au Mexique : la péninsule du Yucatan et la moitié nord-est du Chiapas , c' est tout . De plus , en plus de détester tous les Blancs quels qu' ils soient , les Mayas détestent même les autres Mexicains , et ils sont racketteurs et extrêmement désagréables , contrairement à ces derniers qui sont la plupart du temps aimables et accueillants . Lors de mon voyage au Mexique , je n' ai eu de problèmes qu' avec les Mayas , qui ont essayé de me faire payer mon plein d' essence deux fois dans une station-service à San Cristobal de Las Casas , puis plus loin dans la descente vers Palenque une bande de femmes et de galopins ont stoppé ma voiture au milieu de la route pour essayer de me racketter en m' aboyant à la gueule de façon extrêmement désagréable , et enfin à l' entrée puis de nouveau à la sortie de la péninsule du Yucatan , à deux reprises de faux policiers mitraillette en bandoulière m' ont extorqué plusieurs dizaines d' euros en prétextant une erreur bidon du numéro d' assurance de ma voiture de location … Alors qu' avec les autres Mexicains , je n' ai jamais été emmerdé , même par des narcotrafiquants . Dans le reste du Mexique , tout le monde a été sympa avec moi . Donc que les Mayas se rassurent , ils ne me reverront pas . D' autant plus que là-bas il fait une chaleur infernale , et que le paysage du Yucatan n' est qu' une brousse absolument sans intérêt , la seule chose intéressante chez les Mayas ce sont les pyramides : Chichen Itza , Uxmal ( à préférer car beaucoup moins envahi de touristes ) . Passe encore à la rigueur pour la moitié sud-ouest ( non-maya ) du Chiapas ; mais sinon laissez tomber le sud-est du Mexique , visitez plutôt entre autres Teotihuacan , Monte Alban , la Sierra Madre occidentale avec notamment la Barranca del Cobre et les Amérindiens Tarahumaras , beaucoup plus sympas que les Mayas , ainsi que les musées anthropologiques de Jalapa et de Villahermosa , notamment pour les énormes sculptures olmèques représentant des têtes de guerriers africains ( très probablement amenés au fond du golfe du Mexique par des navigateurs venus du Bassin Méditerranéen après la catastrophe de la fin de l' Âge du Bronze , il y a plus de 3000 ans … ) .

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